Après une déclaration controversée sur le port du voile par des enfants, Laurent Nunez a tenté de corriger le tir au Sénat. Une mise au point confuse, marquée par plusieurs contradictions.
Le rétropédalage est net, mais il peine à convaincre. Après des propos tenus le 12 mars dernier à la Grande Mosquée de Paris, Laurent Nunez a tenté de clarifier sa position lors des questions au gouvernement au Sénat. Ce jour-là, devant un parterre de responsables religieux, le ministre de l’Intérieur affirmait qu'il ne "serait pas celui qui ira expliquer à des enfants qu’en portant le voile elles menacent le vivre-ensemble républicain".
Une déclaration qui avait suscité des critiques, notamment à droite. Au Sénat, la sénatrice LR Muriel Jourda l’interpelle directement. "Pouvez-vous être plus précis sur les propos que vous avez tenus ?", a-t-elle demandé au ministre de l'Intérieur.*
"Évidemment que j’y suis opposé"
Face aux parlementaires, le locataire de Beauvau adopte alors un ton bien différent. "Mais évidemment qu’à titre personnel je suis opposé à ce que des enfants de 6 ou 7 ans portent le voile. Évidemment. Il n’y a aucun libre arbitre. Évidemment que j’y suis opposé. Soyez sans crainte, ma fermeté elle est absolue", a déclaré Laurent Nunez
Autre point de friction : ses propos évoquant le chef de l’État. Un mois plus tôt, il déclarait : "Et tu sais mon cher Chems combien le Président de la République est attaché à développer, à mieux faire connaître l’Islam".
Une formulation qui avait également fait polémique. Là encore, le ministre tente de corriger : "Concernant la promotion de l’Islam, c’était un propos maladroit, évidemment. C’était très maladroit de ma part", a rapporté Laurent Nunez.
Mais dans son exercice de justification, Laurent Nunez s’emmêle parfois. "Vous le savez très bien. Quand vous parlez de Laurent Nunez on vous dit souvent qu’il est islamophobe. N’oubliez pas le combat que je mène", a tenu à clarifier le ministre de l'Intérieur. Une séquence confuse, où le ministre semble osciller entre reconnaissance d’une erreur et tentative de fermeté, au risque de brouiller davantage son message.