Après des mois de tensions diplomatiques, et un voyage du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez en Algérie, le torchon brûle un peu moins entre Paris et Alger. Les expulsions d'OQTF reprennent et les échanges policiers et diplomatiques aussi, mais à quel prix ? La stratégie de son prédécesseur Bruno Retailleau va-t-elle être déconstruite ?
Après des mois de tensions diplomatiques, Paris et Alger semblent avoir une relation plus apaisée, marquée par la visite de Laurent Nuñez à Alger. Mais si les échanges et les expulsions d'OQTF ont repris, quelles sont les contreparties ? Le ton de Paris est-il toujours aussi dur qu'avec Bruno Retailleau ?
Plusieurs conditions algériennes acceptées
L'Algérie accepte à nouveau des ressortissants en situation irrégulière, des sources évoquent des chiffres limités, mais pour Laurent Nuñez, la machine est relancée. "La relation policière-judiciaire et la coopération migratoire avec l'Algérie repart", a expliqué le ministre de l'Intérieur.
Ce dégel intervient après un déplacement du ministre de l'Intérieur à Alger mi-février, un voyage sans presse française pour négocier directement avec les autorités algériennes. Selon les informations d'Europe 1, le président Abdelmadjid Tebboune a posé plusieurs conditions.
D'abord sur le plan diplomatique, la France a été invitée à redonner des agréments à des consuls algériens, retirés ces dernières années comme moyen de pression pour obtenir des laisser-passer consulaires.
Autre exigence, la levée de 92 interdictions administratives du territoire, des décisions pourtant prises par la justice française contre des ressortissants algériens condamnés pour des crimes et des délits.
Enfin, une demande particulièrement sensible : la remise à l'Algérie d'opposants au régime présents sur le territoire français. Résultat, une coopération qui reprend mais sous conditions et une question politique majeure : à quel prix la France a-t-elle relancé la relation ?