Le procureur de la République a requis ce lundi trois ans de prison à l’encontre d’un djihadiste qui avait menacé de mort l’avocat Thibault de Montbrial, à la suite du procès de l’attentat de Magnanville en 2023. Le frère de l’accusé y avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
Un procès sans prévenu, ni même représenté par un avocat. Mis à part Europe 1, aucune presse dans la salle d’audience. Pourtant, l’affaire est intéressante et d’une gravité certaine.
Charaf Din Aberouz est jugé depuis ce lundi pour avoir menacé de mort et mimé un geste d’égorgement à l’encontre d’un avocat, Thibault de Montbrial, bien connu de la djihadosphère pour défendre les victimes du terrorisme.
"C'est sa robe d'avocat qui a été menacée de mort"
Les faits, qui remontent au procès de l'attentat de Magnanville en 2023, se sont déroulés dans le prétoire de la cour d’assises. Le conseil de l’ordre s’est constitué partie civile.
"Thibault de Montbrial a été attaqué parce qu’il défendait. Il assurait la défense des parties civiles dans un procès sensible, et c’est sa robe d’avocat qui a été menacée de mort", rappelle Me Vincent Nioré, ancien vice-bâtonnier du barreau de Paris.
Le suspect, aujourd’hui au Maroc avec son épouse et leurs quatre enfants, est considéré par les services de renseignement comme l’un des djihadistes les plus dangereux de ces quinze dernières années. Ces menaces ont eu des conséquences sur la sécurité de Thibault de Montbrial.
"Ce ne sont malheureusement pas les premières menaces graves que j’ai reçues. J’étais déjà sous protection policière, mais il y a eu instantanément la machine de l’État qui s’est mise en route", indique-t-il.
Le procureur de la République a ainsi requis trois ans de prison à l’encontre du suspect, ainsi que la délivrance d’un mandat d’arrêt. Le tribunal a mis sa décision en délibéré, attendue le 24 juin prochain.