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Traversées clandestines de la Manche : jusqu'à 7 ans de prison pour un réseau de personnes transportant du matériel

Toutes les personnes impliquées dans ce réseau ont éccopé d'une interdiction de territoire français.
Toutes les personnes impliquées dans ce réseau ont écopé d'une interdiction de territoire français. [HL Smarty]

Plusieurs peines ont été requises contre 19 personnes, reconnues coupables d'avoir pris part à un réseau d'acheminement de matériel, destiné à des passeurs de migrants à la frontière franco-britannique. La peine la moins élevée étant de deux ans de prison dont une année avec sursis et 5.000 euros d'amende, la plus haute s'élève à six ans d'emprisonnement et 100.000 euros d'amende.

Des peines d'une à sept années de prison ferme ont été prononcées lundi à Lille, à l'encontre de 19 personnes reconnues coupables d'avoir pris part à un réseau d'acheminement de matériel nautique, pour des passeurs de migrants à la frontière franco-britannique.

Leur procès s'est tenu début avril devant la chambre correctionnelle de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) du tribunal de Lille pour "aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d'un étranger en bande organisée" et "participation à une association de malfaiteurs".

19 condamnés, tous impliqués dans diverses tâches

Suivant des degrés d'implication divers, du "guetteur" aux "têtes pensantes" en passant par les chauffeurs, tous ont été condamnés pour leur participation à un réseau de transport de matériel nautique (canots pneumatiques, gilets de sauvetage) d'Allemagne, où ces équipements étaient stockés, jusqu'au littoral du nord de la France, où a lieu les départs clandestins vers l'Angleterre.

Âgés de 22 à 49 ans, les 19 condamnés, parmi lesquels une femme, sont majoritairement originaires d'Irak, mais aussi de Turquie et de Syrie.

Peines les plus lourdes pour les "têtes pensantes"

Les deux peines les plus lourdes ont été prononcées à l'encontre de deux Irakiens considérés comme les "têtes pensantes" du réseau, également poursuivis pour "blanchiment aggravé en bande organisée".

L'un, âgé de 45 ans et incarcéré au centre pénitentiaire de Longuenesse (Pas-de-Calais), a été condamné à sept ans de prison et 80.000 euros d'amende; le second, qui a 34 ans, a écopé de six ans d'emprisonnement et de 100.000 euros d'amende.

Tous les condamnés interdits de territoire

La seule femme poursuivie, une Turque de 44 ans, a été condamnée en son absence à deux ans de prison ferme et 10.000 euros d'amende. La peine la plus faible, deux ans de prison dont une année avec sursis et 5.000 euros d'amende, a été prononcée à l'encontre d'un jeune Syrien de 22 ans.

Tous ont été condamnés à une interdiction définitive du territoire français, suivant en cela les réquisitions du ministère public, qui avait requis jusqu'à neuf ans de prison et 150.000 euros d'amende.

De nouvelles méthodes pour interpeller les passeurs

Développée à partir de 2023 par les passeurs à la frontière franco-britannique, la méthode des "taxis-boats" consiste à mettre à l'eau des canots pneumatiques loin des zones surveillées. 

Ces embarcations rejoignent ensuite discrètement les plages où les attendent des migrants, qui embarquent alors par dizaines directement dans l'eau, dans des circonstances souvent chaotiques et donc très dangereuses.

Pour tenter d'endiguer ce phénomène et sous la pression de Londres, les autorités françaises ont adopté depuis fin 2025 une nouvelle doctrine d'intervention en mer, permettant dans certaines conditions d'intercepter ces canots pour interpeller les passeurs.