En octobre 2024, un chauffeur VTC avait été retrouvé mort au volant de son véhicule, après avoir été exécuté d'une balle dans la tête. Deux ans plus tard, le suspect, un adolescent de 15 ans, est jugé par le tribunal pour enfants de Paris. Il a agi après avoir été recruté par un narcotrafiquant en prison, via la messagerie de l'application Snapchat.
Son cas avait ému la France entière. Nessim Ramdane, chauffeur VTC Bolt, avait été assassiné en octobre 2024, tué d'une balle dans la tête par un client, à Marseille. Le suspect, un adolescent désormais âgé de 15 ans, avait été missionné par un homme en prison pour tuer une cible sous fond de narcotrafic.
Le chauffeur aurait refusé de s'arrêter où l'enfant lui avait demandé de le faire, et l'aurait payé de sa vie. Mécontent de son nouveau tueur qui a abattu une personne sans lien avec la cible, il l'a dénoncé à la police qui l'avait interpellé dans la foulée.
Mélanie, désormais veuve, apparaît anéantie
Son procès s'ouvre donc ce mardi, à Paris, pour homicide volontaire en bande organisée. Une audience à huis clos à laquelle assistera la veuve de Nessim Ramdane, qui a accepté de s'exprimer auprès de son avocate.
C'est une femme anéantie. Mélanie élève désormais seule ses 3 enfants, dans la douleur et l'incompréhension. "Rien ne me soulagera, la douleur est insupportable. Et ma plus grande peur concerne mes enfants. Je suis terrorisée à l'idée du jour où ils comprendront réellement que leur père a été tué par un enfant à peine plus âgé qu'eux", se lamente-t-elle.
"On ne saura jamais vraiment ce qu'il s'est passé"
Les deux mains cramponnées à une feuille A4 sur laquelle elle a couché toute sa douleur, cette aide-soignante appréhende son face-à-face judiciaire à venir. "J'attends l'audience avec une boule au ventre car j'ai besoin de voir ce mineur qui a ôté la vie de Nessim, non pas par haine mais pour lui dire le mal irréparable qu'il a causé à mes enfants. J'ai besoin qu'il entende que son acte a plongé une famille entière dans l'horreur", déclare-t-elle.
Que s'est-il passé dans les instants avant le drame ? Certaines questions demeureront sûrement sans réponse. "On ne saura vraiment jamais ce qui s'est passé, dans quelles conditions cela s'est passé. On aura, de fait, qu'une seule version. La vérité judiciaire, en tout cas, il y en aura une", assure son avocate, Anne Santana-Marc.
Le suspect de 15 ans, du fait de son âge, encourt 20 ans de prison, contre la perpétuité s'il avait été majeur. Ayant 14 ans au moment du meurtre, donc moins de 16 ans, l'excuse de minorité ne peut pas écartée par les juges.
Mélanie, elle, attend que ses enfants puissent être accompagnés jusqu'à leur majorité comme le sont les pupilles de l'État.