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«Que la justice fasse son travail» : le procès en appel de l'enseignante d'Evaëlle pour harcèlement sur mineur s'est ouvert

[Damien MEYER / AFP]

Le procès en appel de l’enseignante accusée de harcèlement sur Evaëlle, une collégienne de 11 ans retrouvée pendue en 2019, s’est ouvert ce lundi à Versailles. Moins d’un an après sa relaxe en première instance, les parents de la jeune fille reviennent devant la justice avec l’espoir d’un nouveau regard sur cette affaire qui avait bouleversé le pays

Le procès en appel de la professeure accusée de harcèlement à l’encontre d’Evaëlle, une collégienne de 11 ans qui s’est suicidée en 2019 dans le Val‑d’Oise, s’est ouvert lundi devant la cour d’appel de Versailles. Cette nouvelle audience intervient moins d’un an après la relaxe prononcée en première instance.

La sexagénaire, aujourd’hui retraitée, est arrivée à l’abri des caméras, empruntant une entrée secondaire. Dans la salle d’audience, les parents d’Evaëlle ont fixé la prévenue sans relâche au moment où elle a confirmé son identité. "La justice doit montrer qu’elle est capable de protéger les victimes de harcèlement et de désigner un responsable", a déclaré la mère de la collégienne avant l’ouverture de l’audience, exprimant son attente vis‑à‑vis de ce second procès.

"Pourquoi Evaëlle se sent‑elle harcelée et exclue ?"

En avril 2025, le tribunal correctionnel de Pontoise avait estimé que les éléments à charge étaient trop faibles ou imprécis, jugeant certains faits compatibles avec l’exercice normal de l’autorité pédagogique. L’enseignante, qui avait nié tout comportement malveillant, s’était alors dite soulagée. Le parquet, qui avait requis 18 mois de prison avec sursis, avait toutefois choisi d’interjeter appel.

Evaëlle s’était donné la mort en juin 2019 à son domicile d’Herblay (Val-d'Oise). Depuis son arrivée en sixième au collège Isabelle‑Autissier, l’adolescente connaissait des difficultés croissantes : harcèlement entre élèves, tensions avec sa professeure de français et antécédents de brimades dès le primaire. Un épisode marquant avait particulièrement choqué ses parents : un exercice en classe où l’enseignante avait demandé aux élèves de répondre publiquement à la question "Pourquoi Evaëlle se sent‑elle harcelée et exclue ?". La jeune fille était rentrée bouleversée, parlant de la "pire journée de (sa) vie".

"La première fois, nous étions très déçus. Cette fois, nous restons prudents" 

Plusieurs élèves entendus dans le cadre de l’enquête ont décrit une enseignante souvent sévère envers la collégienne, affirmant qu’elle l’isolait régulièrement. À l’inverse, le dossier administratif de la professeure souligne des appréciations positives.

Plus de six ans après le drame, les parents de la jeune fille espèrent que ce procès permettra un nouvel examen des responsabilités. "La première fois, nous étions très déçus. Cette fois, nous restons prudents", a confié le père d’Evaëlle. De son côté, l’enseignante assure, par l’intermédiaire de son avocate, n’avoir joué aucun rôle dans le mal‑être de l’élève. Depuis 2022, une loi reconnaît explicitement le harcèlement scolaire comme un délit, renforçant l’arsenal judiciaire en la matière.