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Narchomicides à Marseille : Karim Harrat dénonce «un acharnement» aux assises

[© Damien MEYER / AFP]

Jugé à Aix-en-Provence pour un triple narchomicide commis en 2020, l'ex-baron de la drogue Karim Harrat dénonce "un acharnement" face à des messages crytpées qui l'incrimineraient. Il nie être "Le Rant", pseudo associé par les enquêteurs à son surnom. Le verdict pourrait être repoussé au 13 novembre.

"C'est un acharnement", a lancé l'ex-baron de la drogue marseillais Karim Harrat, jugé pour son rôle présumé dans un triple narchomicide perpétré en décembre 2020, face à des messages sur une messagerie cryptée qui l'incrimineraient, selon l'enquête.

Karim Harrat, 38 ans, dément toute implication, alors qu'il est accusé d'être le commanditaire et le financier de ce triple assassinat. Les victimes, impliquées dans le trafic de stupéfiants, avaient été retrouvées carbonisées. Parmi elles figurait le frère aîné du militant marseillais anti-trafic Amine Kessaci. Il est jugé devant la cour d'assises d'Aix-en-Provence aux côtés de quatre co-accusés, dont Amine Oualane, dirigeant présumé de la DZ mafia.

Des messages cryptées au cœur des débats

Les avocats de l'accusé ont attaqué la crédibilité des messages retrouvés sur la messagerie cryptée Sky ECC, prisée des narcotrafiquants. La conversation évoque un "véhicule plein de sang" et un corps que l'on semble vouloir "enterrer" avant de se raviser : "non je vais le brûler". Selon l'enquêtrice, "la teneur" de ces propos indique que l'auteur est "quelqu'un de très proche de Karim Harrat" qui "suit ses instructions".

"Quelles certitudes vous avez que le 29 et 30 décembre c'est Karim Harrat derrière le téléphone", a insisté son avocat, Karim Morand-Lahouazi. "Ma certitude, monsieur, c'est le pseudo", a répondu une major de police. La ligne, utilisée sous le nom "Le Rant 2", renvoie selon les enquêteurs au surnom de l'accusé, "Le Rant". Un sobriquet que Karim Harrat réfute, alors que l'accusation affirme qu'il le tient de l'époque où, au bas de l'échelle du narcobanditisme, il avait été affublé du nom de "Rantanplan", le chien de Lucky Luke. "Jamais madame", a-t-il rétorqué, avant d'être repris par le président de la cour.

Déjà condamné dans deux autres affaires

Karim Harrat a déjà écopé de dix ans de prison pour avoir été le "donneur d'ordres principal" d'un réseau de stupéfiants piloté depuis l'étranger, et de 25 ans pour un double assassinat commis en 2019. Il a fait appel dans les deux dossiers.

Le procès, ouvert le 19 octobre, a vu son calendrier bousculé par le déroulé des audiences et par les mobilisations sociales, qui ont entraîné le report de plusieurs demi-journées pour permettre le redéploiement des forces de sécurité. Attendu initialement le 6 novembre, le verdict pourrait être repoussé jusqu'au 13 novembre.