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Perpétuité requise contre un chef présumé de la DZ Mafia, 18 ans contre un autre

[AFP]

La prison à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans a été requise dimanche à l'encontre de Gabriel Ory, et 18 années de prison contre Amine Oualane, deux chefs présumés de la DZ Mafia.

La prison à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans a été requise dimanche à l'encontre de Gabriel Ory, et 18 années de prison contre Amine Oualane, deux chefs présumés de la DZ Mafia accusés d'avoir aidé à préparer un double assassinat en 2019.

L'avocate générale a aussi requis la réclusion à perpétuité contre les commanditaires présumés, Karim Harrat et Walid Bara, et un mandat d'arrêt contre ce dernier, en fuite. Elle a requis 30 ans de prison à l'encontre du tireur présumé, Zaineddine Ahamada et de son complice Adrien Faure, accusé de lui avoir ouvert la chambre des victimes et prêté son arme.

Durant toute l'audience, les accusés, au passé judiciaire chargé, ont contesté en bloc toute responsabilité dans le double homicide survenu en août 2019. Ce soir-là, le narcotrafiquant marseillais Farid Tir et son ami Mohamed Benjaghlouliet avaient été abattus dans une chambre d’un hôtel Formule 1 situé près de Marseille (Bouches-du-Rhône).

Le ministère public a donc requis la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de 22 ans de sûreté, contre Gabriel Ory, dit "Gaby". Âgé de 31 ans, il est présenté comme l’un des fondateurs présumés de la DZ Mafia, un groupe criminel influent dans le trafic de stupéfiants à Marseille. Il est soupçonné d’avoir facilité l’accès des tireurs à l’établissement en leur transmettant les codes le soir des faits.

Amine Oualane, alias "Mamine", poursuivi pour avoir servi d’intermédiaire depuis sa cellule, risque 18 ans de prison. De son côté, Karim Harrat, 37 ans, jugé pour meurtres en bande organisée et suspecté d’avoir orchestré l’opération depuis Dubaï, fait lui aussi face à une réquisition de perpétuité.

Un suspect en fuite visé par un mandat d'arrêt

Zaineddine Ahamada, 29 ans, considéré comme l'un des "meneurs incarcérés" de la DZ Mafia, ainsi qu’Adrien Faure, 26 ans, désigné comme l’un des tireurs, encourent 30 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté de 22 ans.

Walid Bara, 39 ans, surnommé "Fondu", est quant à lui jugé en son absence après avoir disparu en mai 2024. Soupçonné d’avoir épaulé Karim Harrat, il est visé par une demande de perpétuité, accompagnée d’un mandat d’arrêt.

Les faits remontent au 30 août 2019, avant même que l’appellation DZ Mafia ne soit employée. Les corps de deux hommes tués par balles avaient été découverts dans une chambre d’hôtel par une employée.

Farid Tir, 29 ans, venait de sortir de prison un an auparavant, ce qui conforte la piste d’un règlement de comptes. Son ami d’enfance, Mohamed Benjaghlouli, du même âge, apparaît comme une victime collatérale.

"Rappeler la valeur d’une vie"

Au terme d’un réquisitoire de trois heures, l’avocate générale a insisté sur la nécessité de juger ces hommes comme n’importe quels justiciables, malgré leur profil de détenus "particulièrement surveillés" et leur implication présumée dans d’autres affaires liées au narcotrafic.

"La vie humaine, quelle qu’elle soit, a de la valeur ", a-t-elle affirmé, avant de préciser : "Ce n’est pas le procès d’un clan marseillais responsable de violences récentes, puisqu’il n’existait pas en 2019. C’est celui de six hommes réunis autour d’un objectif : tuer".

Elle a également appelé la justice à fixer "une limite" face à la montée d’une criminalité de plus en plus violente chez certains jeunes issus des cités marseillaises.

Débuté le 23 mars, le procès a été perturbé par plusieurs incidents, entraînant des retards. Son verdict est attendu lundi.