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Meurtre de Thomas à Crépol : dans son réquisitoire, le ministère public écarte la circonstance aggravante de racisme anti-blanc

Palais de justice de Valence (Drôme), le 15 juin 2023. [Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Près de trois ans après la mort de Thomas Perotto, 16 ans, poignardé à la sortie d'un bal à Crépol en novembre 2023, le parquet de Valence s'oppose à l'analyse des juges d'instruction. Le ministère public estime que les faits de racisme ne sont pas suffisamment caractérisés.

Presque trois ans après le drame de Crépol, le parquet de Valence vient de rendre son réquisitoire définitif complémentaire, ce lundi 17 août. Au terme de plus de deux ans et demi d'enquête sur la mort de Thomas Perotto, 16 ans, poignardé à la sortie d'un bal à Crépol en novembre 2023, le ministère public s'oppose à l'analyse des juges d'instruction sur la circonstance aggravante de racisme anti-blanc.

Dans son réquisitoire définitif complémentaire, le parquet de Valence estime que les faits de racisme ne sont pas suffisamment caractérisés, précise ce document d'une cinquantaine de pages qu'Europe 1 a pu consulter. Le ministère public considère que les propos racistes imputés aux personnes mises en cause sont très minoritaires, imprécis, voire contradictoires, et qu'aucun témoin n'est capable de les attribuer à un suspect en particulier.

"C'est vraiment l'incompréhension"

Le parquet s'oppose donc à la lecture du dossier faite par les juges d'instruction. Une position que regrette maître Lara Fatimi, avocate d'une des victimes. "C'est vraiment l'incompréhension chez les victimes parce que, encore une fois, cette position du parquet n'a pas varié. Nous espérions que le parquet, suite à cette mise en examen supplétive par les juges d'instruction, revoie sa position. Il y a plusieurs témoignages qui font état de propos anti-français et anti-blancs. Et le parquet, qui représente les intérêts de la société, ne devrait pas, selon nous, balayer d'un revers de main cette dimension centrale dans cette affaire, alors même que nous sommes au stade de l'instruction", détaille-t-elle. 

Reste à savoir si les juges d'instruction suivront ce réquisitoire définitif complémentaire, s'ils réintégreront ou non la circonstance aggravante de racisme anti-blanc, puisque ce sont eux qui, dans leur ordonnance de règlement, auront le dernier mot. Ce document devrait être rendu courant septembre 2026.