L'agression violente et la mort de Louis, 17 ans, ont choqué les Français et la classe politique. Face à ce drame, la famille du jeune homme ne s'est pas murée dans le silence, au contraire. La maman de Louis a donné un entretien au "JDD". Le journaliste Jules Laurans raconte dans "Eliot Deval et vous" l'histoire de cette prise de parole.
Les faits se sont déroulés à Narbonne, le vendredi 19 juin. Louis a été battu à mort par cinq jeunes du même âge que lui. Mis en examen, ils ont été placés en détention provisoire. Face à ce drame, la famille de Louis a décidé de prendre la parole.
Dans Eliot Deval et vous, le journaliste Jules Laurans explique comment la famille est sortie du silence : "Louis est décédé ce mardi à 16h30. Dès le lendemain, la famille a contacté notre rédaction pour se mobiliser et dire qu'elle ne laisserait pas passer cette mort".
"Aucun éducateur n'a prévenu la famille de ce qui arrivait directement à Louis"
C'est pour cette raison qu'elle a autorisé la publication de vidéos afin de montrer "la réalité brute de ce qui était arrivé à leur enfant" et pour que "personne ne puisse parler d'une rixe". C'est rapidement que la maman "a décidé très tôt de prendre la parole", et ce pour deux raisons.
"La première, c'est pour éviter qu'un narratif mensonger puisse être diffusé. Et la deuxième raison, on le voit dans cet entretien, c'est aussi de pouvoir réhumaniser Louis, qui était un garçon créatif, assez introspectif, et qui essayait de se faire aimer des autres. Louis était une personne vulnérable, lui qui était atteint d'un TDAH, un trouble de l'attention", explique Jules Laurans.
La famille pointe le rôle de l'aide sociale à l'enfance dans ce drame et son manque de communication : "Alors que la famille était en contact avec l'aide sociale à l'enfance environ quatre fois par jour, aucun éducateur n'a prévenu la famille de ce qui arrivait directement à Louis".
Aujourd'hui, la maman de Louis dit que "le temps n'est pas au deuil, c'est le temps de la guerre" : "Il est hors de question qu'un autre cœur de maman ou de papa soit brisé comme le nôtre", a-t-elle ajouté. La famille du jeune homme refuse que les cinq individus mis en examen, dont certains sont mineurs, soient jugés comme des mineurs : "Ils ont tué en adulte, ils doivent être jugés en adulte".