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Prisons : l'Ufap-Unsa appelle les surveillants au blocage le 27 avril

Les surveillants pénitentiaires sont appelés à bloquer l’ensemble des établissements pénitentiaires le 27 avril à l’initiative du syndicat Ufap‑Unsa Justice. Le mouvement vise à dénoncer la surpopulation carcérale, le manque d’effectifs et l’absence de réponses jugées suffisantes des autorités, sur fond de tensions persistantes dans les prisons françaises.

Les surveillants de prison sont appelés par le syndicat Ufap-Unsa Justice "au blocage de l'ensemble des structures pénitentiaires" le 27 avril, notamment pour "combler les 5.000 postes manquants" et réclamer "des mesures d'urgence face à la surpopulation carcérale".

"Une surpopulation incontrôlable"

"Depuis des mois, nous alertons sur une surpopulation pénale devenue incontrôlable ; avec 88.000 détenus aujourd'hui, la réalité nous donne raison et confirme l'obligation à agir", écrit dans un communiqué le syndicat, regrettant qu'"aucun fauteuil n'(ait) tremblé dans les hautes sphères de la direction générale de l'administration pénitentiaire et du ministère de la Justice".

L'Ufap-Unsa Justice déplore en outre les "vacances de postes chez les personnels de surveillance", avec "des départs à la retraite non remplacés" et "des personnels privés d'une mobilité indispensable pour envisager de retourner chez eux", ainsi que "5.000 agressions physiques, 5.000 fois de trop".

"L'Ufap-Unsa Justice demande dès à présent à l'ensemble de ses bureaux locaux de réunir des assemblées générales afin d'organiser, structure par structure, un rapport de force et bâtir collectivement les conditions de la lutte", poursuit encore le communiqué, en appelant "les organisations syndicales à s'unir pour mener ce combat".

Un appel à bloquer qui intervient "trop tôt"

Le secrétaire général adjoint de FO Justice (majoritaire), Yoan Karar, a pour sa part considéré auprès de l'AFP que l'appel à bloquer les établissements intervenait "trop tôt", alors que le projet de loi sur la justice criminelle porté par Gérald Darmanin, voté par le Sénat la semaine dernière, doit être débattu par les députés au début de l'été.

"La balle est dans le camp de l'Assemblée nationale avec un texte où nous sommes à l'initiative pour effectivement essayer de vider les prisons et supprimer les matelas au sol", a ajouté M. Karar, réservant un appel à la mobilisation "si cela n'aboutit pas".

137,5% de taux d'occupation

Au 1er mars, le taux d'occupation globale était de 137,5% dans les prisons françaises, qui comptaient 87.126 détenus, un nouveau record, selon les derniers chiffres de la Chancellerie publiés fin mars. Le ministère de la Justice compte ouvrir 3.000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, dont la moitié dès 2027, alors que moins d'un tiers des 15.000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées.

Syndicats et professionnels du monde pénitentiaire décrivent régulièrement un système au bord de l'explosion, cette surpopulation s'accompagnant d'un sous-effectif chronique parmi les surveillants et de l'insalubrité de nombreux lieux de détention.