Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

INFO EUROPE 1 - Crack à Paris : 26 laboratoires clandestins démantelés l'an dernier dans des Airbnb

Les dealers changent constamment d'appartement, compliquant considérablement le travail des forces de l'ordre. [© Daniel Perron / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Bon marché, hautement addictif et facile à produire, le crack, aussi connu comme étant "la drogue du pauvre", prolifère depuis quelques années dans le nord de Paris. Selon les informations d’Europe 1, 26 laboratoires clandestins ont été démantelés par les forces de l’ordre l’année dernière.

C’est ce que les policiers appellent la "drogue du pauvre". Le crack, dérivé de cocaïne coupée, peu coûteux, mais aux effets dévastateurs. Depuis plusieurs années, cette drogue prolifère dans les rues du nord de la capitale, notamment dans les 18e et 19e arrondissements, où se concentrent de nombreux consommateurs.

Des logements réservés en toute discrétion

Derrière ce trafic lucratif, une organisation bien rodée. Les trafiquants misent sur la discrétion et la mobilité. Sur internet, ils repèrent des appartements disponibles à la location, souvent situés à proximité des zones de consommation. Ils se font passer pour des touristes, réservent pour deux ou trois nuits seulement, et utilisent parfois de fausses identités pour éviter toute traçabilité.

"Eux, clairement, ils recherchent une discrétion absolue", explique Cyril Mancone, policier coordinateur de l’investigation au sein du syndicat Alliance. "Il y a une anonymisation de la réservation. Les trafiquants peuvent utiliser n’importe quelle identité, produire de faux papiers ou fournir des identités usurpées, puisque personne n’est contrôlé au moment de l’entrée dans les lieux", ajoute ce dernier.

Peu de matériel nécessaire

Une fois sur place, la transformation est rapide. Dans ces appartements banals, loués pour quelques nuits, la cuisine devient un laboratoire de fortune, ce que les trafiquants appellent un "kitchen lab". Pas besoin d’équipement sophistiqué : une casserole, un peu d’eau, du bicarbonate de soude, ou parfois de l’ammoniac, et un résidu de cocaïne suffisent.

En quelques minutes, le produit est prêt. En deux à trois jours, il est possible de produire une centaine de galettes de crack. Un produit fabriqué à très bas coût, puis revendu une dizaine d’euros l’unité dans la rue

Cette économie souterraine repose sur un principe simple : ne jamais rester au même endroit. Les dealers changent constamment d'appartement, compliquant considérablement le travail des forces de l'ordre. À chaque nouvelle location, le cycle recommence : installation discrète, production rapide, puis disparition.

Face à ce fléau, les forces de l'ordre agissent tant bien que mal. Selon les informations d'Europe 1, 26 laboratoires clandestins dédiés à la fabrication de crack ont été démantelés l'an dernier en région parisienne, soit trois de plus qu’en 2024. Une progression qui illustre l'ampleur du phénomène. En parallèle, 518 dealers ont été interpellés en 2025.