Comme l'avait annoncé le procureur de la République de Lyon, les sept suspects commencent à être présentés à un juge. Ce jeudi soir, trois d'entre eux ont été mis en examen pour "homicide volontaire", dont l'assistant du député LFI Raphaël Arnault, lui pour "complicité par instigation".
Après en avoir dévoilé un peu plus sur le profil des sept personnes mises en cause dans cette affaire, Thierry Dran, procureur de la République de Lyon, a déclaré que le parquet avait requis leur placement en détention provisoire.
"Le parquet a requis le placement en détention provisoire de ces sept personnes en raison notamment des graves troubles à l'ordre public, des risques de concertations frauduleuses, du risque de déperditions des preuves et afin de les maintenir à la disposition de la justice".
Le procureur de la République de Lyon a également donné plus de précisions sur le profil des personnes qui seront présentées à un juge pour leur mise en examen. Sur les sept personnes, deux ont des antécédents judiciaires.
"Déjà condamné pour violences et usage de stupéfiants par le tribunal pour enfants et pour l'autre par le tribunal correctionnel de Lyon pour des faits de vols et de port d'armes. Un des mis en cause fait l'objet d'un contrôle judiciaire par une juge d'instruction de Paris à la suite de faits de violences aggravées en raison de la race ethnique ou de la religion".
Les sept personnes sont âgées de "20 à 26 ans", sont "pour l'essentiel des étudiants, des employés dans le privé, un sans emploi et un assistant parlementaire". Trois d'entre eux ont déclaré "avoir fait partie ou être proche de la mouvance ultra-gauche".
Selon les déclarations du procureur, une semaine après les faits, "plusieurs personnes" restent encore "à identifier". Mais c'est grâce à l'exploitation "des témoignages, des éléments matériels et techniques et des vidéos recueillies" qui a permis l'identification des sept personnes qui seront mises en examen pour "homicide volontaire".
Les sept personnes ont été interpellées dans les départements de l'Aisne, de la Drôme, de la Haute-Loire, de l'Isère et du Rhône. Quatre autres personnes ont été arrêtées pour "recel de malfaiteurs". Lors des différents interrogatoires, "certains ont reconnu avoir porté des coups à Quentin Deranque" mais "ils contestent tous une intention d'homicide". Deux personnes ont refusé de s'expliquer.
Les quatre personnes mises en cause pour "recel de malfaiteurs" ont été remises en liberté.
Ce jeudi, le procureur de la République, Thierry Dran, s'est exprimé sur l'enquête autour de la mort de Quentin Deranque à Lyon. Ce dernier a déclaré que sept personnes, dont Jacques-Elie Favrot, seront présentées à un juge en vue de leur mise en examen pour "homicide volontaire".
"Une information judiciaire criminelle sera ouverte dans les prochaines minutes", a déclaré le procureur. "Il sera demandé leur mise en examen pour "violences aggravées par trois circonstances aggravantes et association de malfaiteurs en vue de la commission d'un délit puni d'une peine d'emprisonnement d'au moins cinq ans".
Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a demandé à la préfecture ce jeudi d'annuler la marche en hommage à Quentin Deranque, prévue ce samedi. Le maire se dit "inquiet" face au "risque" de débordement violent qui pourrait se produire à l'occasion de cette marche.
S'il reconnaît qu'un tel rassemblement est légitime pour les proches de Quentin ou ceux qui ont été affectés par son décès, il affirme que l'appel à manifester circule depuis quelques jours sur les réseaux "d'extrême droite" en France et à l'étranger. Il redoute ainsi la venue d'individus prêts à commettre des violences.
Sept jours après les faits, 11 personnes ont été placées en garde à vue dans cette enquête. Les premiers suspects devraient être présentés ce jeudi à un juge en vue d'une éventuelle mise en examen.
Parmi ces 11 individus, neuf d'entre eux ont vu leur garde à vue prolongée mercredi soir. Certains sont mis en cause pour homicide volontaire, violence aggravée et association de malfaiteurs, d'autres pour avoir aidé les agresseurs à se cacher.
À noter que deux attachés parlementaires du député insoumis Raphaël Arnault, ainsi qu'un de ses anciens stagiaires, issu de La Jeune Garde, font également partie des suspects.
Six personnes ont été identifiées sur les vidéos du lynchage mortel de Quentin Deranque. Ces personnes, cinq jeunes hommes et une jeune femme, sont membres du groupuscule d’ultragauche La Jeune Garde.
Le jeune Quentin Deranque, 23 ans, est mort samedi des suites de ses blessures, deux jours après avoir subi un lynchage en marge d'une conférence de l'eurodéputée insoumise Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Il accompagnait des militantes du collectif Némésis, venues manifester contre la présence de l'élue insoumise.
Gérald Darmanin, puis Laurent Nuñez, ont tous les deux pointé du doigt l'ultragauche et notamment le groupuscule La Jeune Garde, cofondé par le député LFI Raphaël Arnault.