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En directAffaire Lyhanna : «Si la justice avait eu plus de moyens, ce drame aurait pu être évité», clame l'avocat de la famille

[Valentine CHAPUIS / AFP]
La mère d'une mineure qui avait déposé plainte pour viol sur mineure contre Jérôme B., principal suspect dans l'affaire Lyhanna, va déposer plainte contre l'État pour faute lourde, reprochant à la justice sa lenteur. Dans le même temps, le Premier ministre Sébastien Lecornu, réunit plusieurs de ses ministres pour tenter de trouver des réponses après la mort de la jeune Lyhanna. Suivez notre direct.
"Les moyens qu'on accorde à la justice", "vrai coeur du problème", dénonce l'avocat des parents de Lyhanna

Les "moyens qu'on accorde à la justice" sont le vrai coeur du problème dans le dossier Lyhanna, a affirmé mardi l'avocat de ses parents, s'adressant à Emmanuel Macron qui a affirmé ne pas vouloir entendre un "argument de moyens dans cette affaire".

"Par ma voix, cette famille endeuillée souhaite envisager les véritables responsabilités, celles des moyens qu'on accorde à la justice et à leur efficacité car oui, monsieur le président, c'est le vrai coeur du problème", a déclaré devant la presse François Roujou de Boubée, avocat des parents de Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée morte la semaine dernière, six jours après sa disparition.

Minute de silence à l'Assemblée nationale

L'Assemblée nationale a observé une minute de silence ce mardi 9 juin 2026 pour la jeune Lyhanna, retrouvée morte le 4 juin par les enquêteurs.

La réalisatrice Andréa Bescond placée en garde à vue puis libérée

La réalisatrice Andréa Bescond, qui avait appelé à un rassemblement lundi soir devant le ministère de la Justice, a été placée en garde à vue puis libérée mardi matin, a appris l'AFP en source policière, confirmant une information du Parisien.

La réalisatrice du film Les chatouilles a été interpellée lundi soir alors qu'elle participait au rassemblement, place Vendôme à Paris, pour protester contre le traitement judiciaire des affaires d'agressions sexuelles sur mineurs, après le meurtre de la petite Lyhanna.

Sébastien Lecornu propose de renforcer les peines pour les violeurs en série

Sébastien Lecornu, qui a réuni mardi plusieurs ministres pour tenter de répondre à l'émotion suscitée par la mort de Lyhanna, 11 ans, a proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans actuellement, selon Matignon.

Concernant les crimes contre les enfants, les actes d'enquêtes devront être effectués "dans un délai maximal de 3 mois", a également proposé le Premier ministre à l'issue d'une réunion avec cinq ministres. Une mesure qui répond à l'inaction de la justice face au principal suspect dans la mort de Lyhanna, lequel avait fait l'objet de plusieurs plaintes et signalements.

D'autres mesures sont "en cours de finalisation", et toutes seront intégrées dans le projet de loi sur la protection des enfants, déjà présenté en Conseil des ministres il y a une dizaine de jours et qui sera examiné par le Parlement en juillet.

Déclaration
«La justice n'a pas fait son travail», déplore la mère de Rosa qui accuse Jérôme B. de viols sur sa fille

La mère d'une enfant ayant accusé Jérôme B. de dizaines de viols a dénoncé mardi l'inaction des enquêteurs et de la justice dans le cadre du traitement d'une plainte, déposée en août 2025, qui n'a débouché sur aucune convocation du principal suspect dans l'affaire Lyhanna.

"La justice n'a pas fait son travail, je ne comprends pas pourquoi il faut attendre aussi longtemps", a déclaré la mère de famille lors d'une conférence de presse à Toulouse, en compagnie de son avocat.

Alerte
60.400 personnes ont participé à 216 rassemblements en France devant les tribunaux

Comme l'a révélé Europe 1 ce mardi matin, 60.400 personnes ont participé à 216 rassemblements partout en France devant les tribunaux pour manifester leur mécontentement après la mort de Lyhanna qui a révélé de nombreux dysfonctionnements dans l'arsenal judiciaire. À Paris, ils étaient 2.900 dans deux rassemblements distincts.

Le Conseil supérieur de la magistrature déplore le "discrédit jeté sur des milliers de magistrats"

Le Conseil supérieur de la magistrature a déploré mardi le "discrédit jeté sur des milliers de magistrats, qui travaillent sans relâche dans un contexte difficile", répondant aux critiques sur le traitement judiciaire de l'affaire Lyhanna.

"Le Conseil supérieur de la magistrature regrette l'instrumentalisation de cette affaire par ceux qui rendent d'avance les magistrats comptables de ce drame et dénoncent leur irresponsabilité", ajoute-t-il dans un communiqué.

La mère d'une victime présumée de Jérome B. va déposer plainte contre l'Etat

La mère d'une mineure qui avait déposé plainte pour viol sur mineure contre Jérôme B., principal suspect dans l'affaire Lyhanna, va déposer plainte contre l'Etat pour faute lourde, reprochant à la justice sa lenteur, a annoncé son avocat Pierre Debuisson sur RTL.

L'avocat va lancer deux procédures : une plainte contre l'État en responsabilité devant le tribunal judiciaire pour faute lourde, ainsi qu'une procédure au pénal, a-t-il indiqué.

Le 22 août 2025, la mère de cette mineure née en 2014 avait déposé plainte à Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne) accusant Jérôme B. d'avoir commis des viols sur sa fille, entre septembre 2024 et mai 2025, au domicile de ce dernier.

La petite fille avait été entendue cinq jours plus tard et des examens médico-légaux et psychologiques réalisés en septembre et octobre 2025.

L'affaire Lyhanna, pas un "dysfonctionnement" mais le "fonctionnement ordinaire", déplore Ruffin

L'affaire Lyannah n'est pas la conséquence "d'un dysfonctionnement" mais du "fonctionnement ordinaire de la police et de la justice", a déploré mardi le député François Ruffin qui a suggéré de nommer le juge pour enfants Édouard Durand comme ministre de la Justice.

"Le souci, ce n'est pas un dysfonctionnement, c'est le fonctionnement. Quand il y a une petite dizaine d'années, j'entends qu'un enfant sur dix est victime d'inceste ou de violences sexuelles, je me dis que ça va être un électrochoc, qu'il va y avoir un plan de prévention à l'Education nationale (...) mais rien ne se passe", a déploré sur TF1 le député de la Somme.

"Quand j'interroge les avocates qui s'occupent de viols et qu'elles me disent le plus souvent dans nos dossiers, il n'y a pas d'enquête, le suspect n'est pas interrogé, on ne fouille pas dans son téléphone portable... Ce n'est pas le dysfonctionnement, c'est le fonctionnement ordinaire de la police et de la justice", a ajouté l'ex-Insoumis qui siège désormais avec le groupe écologiste.

"Le système n'est pas suffisamment du côté des victimes", selon Aurore Bergé

La ministre déléguée chargée de l'Égalité femmes-hommes Aurore Bergé a estimé mardi que le système judiciaire n'était "pas suffisamment du côté des victimes", quelques heures avant une réunion organisée à Matignon après la mort de Lyhanna.

"L'objectif c'est d'élargir un projet de loi existant et qui va être discuté à partir du 15 juillet prochain à l'Assemblée nationale avec des mesures dédiées sur la lutte contre les violences sexuelles", a souligné Aurore Bergé sur France 2.

Sébastien Lecornu réunit des ministres mardi pour prendre de nouvelles mesures

Sébastien Lecornu va réunir mardi matin les ministres concernés par la protection de l'enfance pour décider de nouvelles mesures afin de répondre à la mort de Lyhanna, 11 ans, qui suscite une immense émotion dans le pays.

Le Premier ministre a écrit une lettre à ses ministres dans laquelle il dit vouloir "enrichir" un projet de loi déjà déposé sur la protection des enfants, et également accélérer l'examen par le Conseil d'Etat d'une proposition de loi transpartisane sur les violences sexistes et sexuelles.

Dans ce courrier à ces ministres (Intérieur, Justice, Santé, Éducation nationale et Égalité) rendu public lundi soir par Matignon, le chef du gouvernement qualifie la mort de la collégienne de 11 ans dans le Gers de "drame (qui) suscite l'effroi" mais aussi "une incompréhension sur les circonstances" de son décès et les dysfonctionnements du système judiciaire.

Il souhaite d'une part que le gouvernement "ajoute dès maintenant plusieurs mesures au projet de loi" sur la protection de l'enfance, déjà présenté en Conseil des ministres il y a dix jours, qui sera examiné par le Parlement en juillet.

Le Premier ministre évoque notamment "l'aggravation des peines en cas de viols sériels, la modification des règles de prescription, l'information des victimes tout au long de la procédure ou encore la nécessité de motiver les décisions de classement sans suite concernant les crimes et délits sexuels". Autant de mesures sur lesquelles les ministres arbitreront mardi.