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Affaire Lyhanna : la plainte d'août 2025 n'a «pas été traitée comme une procédure prioritaire», dit la mission d'inspection

[Ed JONES / AFP]

La plainte pour viols sur mineure de moins de 15 ans d'août 2025 contre Jérôme Barella n'a "pas été traitée comme une procédure prioritaire", a annoncé la mission d'inspection ce lundi matin lors d'une conférence de presse. 

Les rapports préliminaires de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie nationale sur l'affaire Lyhanna ont été dévoilés ce lundi 22 juin. Depuis la mort de la fillette, des inspecteurs se sont rendus dans les différents services pour tenter de comprendre les défaillances dans le traitement des plaintes visant Jérôme Barrella, le principal suspect. 

L'inspection s'est concentrée sur une seule plainte déposée à l'été dernier : une victime mineure de moins de 15 ans qui avait dénoncé des viols commis par Jérôme Barella. Selon  le chef de l'Inspection générale de la Justice, Stéphane Noël, la plainte déposée dans le Gers en août 2025 n'a "pas été traitée comme une procédure prioritaire". 

"Un cumul de pertes de temps et une absence de suivi de procédure"

L'inspection a mené une trentaine d'entretiens. Magistrats, greffiers, gendarmes et supérieurs hiérarchiques ont été entendus. Alors, même si l'enquête initiale menée à Toulouse semble avoir été plutôt bien réalisée, elle a dérapé quand elle est arrivée au parquet d'Auch, comme l'a expliqué ce lundi Stéphane Noël : "La procédure criminelle a été traitée comme une procédure ordinaire ou, à tout le moins, n'a pas été traitée comme une procédure prioritaire, tant de la part du parquet d'Auch que de la compagnie de gendarmerie de Condom".

"Le rapport objective, un cumul de pertes de temps et une absence de suivi de procédure, tant de la part du parquet que de la gendarmerie à l'arrivée de la procédure au parquet d'Auch", a-t-il ajouté, en rendant compte des premières conclusions de la mission d'inspection diligentée par les ministres Gérald Darmanin et Laurent Nunez.

Le rapport définitif est attendu le 5 septembre prochain, notamment sur le traitement des autres procédures visant Jérôme Barella. Le gouvernement devra ensuite ordonner des enquêtes administratives, pouvant entraîner des sanctions. Le Conseil supérieur de la magistrature sera amené à prononcer des avis de sanctions. Dans les textes, le garde des Sceaux pourrait prendre une décision contraire. Mais aucun ministre de la Justice ne s'est risqué à contrarier un avis de cette institution, au nom de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice.