Les magistrats et les avocats se mobilisent, ce lundi 29 juin, lors d’une journée "justice morte", sur fond de tensions avec le garde des Sceaux après l’affaire Lyhanna. Une initiative vivement critiquée par une partie de la classe politique, qui dénonce une réaction corporatiste de l’institution judiciaire.
La justice est sous le feu des critiques depuis la mort de Lyhanna. Alors que l’affaire a relancé le débat sur les dysfonctionnements de l’institution judiciaire, magistrats et avocats se mobilisent ce lundi lors d’une journée "justice morte". Une mobilisation dirigée contre la réforme voulue par le garde des Sceaux, mais aussi contre sa gestion de l’affaire Lyhanna.
Cette levée de bouclier suscite de vives réactions dans la classe politique. Du centre à la droite nationale, plusieurs responsables dénoncent une attitude corporatiste de la part des magistrats, au moment où la justice est attendue sur sa capacité à reconnaître ses propres défaillances. Le président du Sénat, Gérard Larcher, n’a pas mâché ses mots. Il accuse les magistrats d’avoir une réaction "corporatiste" et "indécente vis-à-vis de la douleur des familles".
65% des Français déclarent ne pas faire confiance à la justice
Selon lui, l’institution judiciaire doit changer d’attitude si elle veut restaurer la confiance des Français. Une confiance déjà largement fragilisée. Selon un récent sondage Elabe pour La Tribune, 65% des Français déclarent ne pas faire confiance à la justice. Un chiffre qui nourrit les critiques contre une institution régulièrement accusée d’être trop lente, trop opaque ou trop éloignée des attentes des citoyens. Même tonalité du côté du gouvernement.
Maud Bregeon, porte-parole de l’exécutif, pointe elle aussi un réflexe corporatiste chez certains magistrats et une tendance de l’institution à s’auto-protéger. Une critique d’autant plus forte que la justice peine, selon ses détracteurs, à faire son mea culpa dans l’affaire Lyhanna.
L’affaire Lyhanna agit ainsi comme un révélateur d’un malaise plus profond
De leur côté, les représentants de la magistrature refusent d’être désignés comme responsables uniques de dysfonctionnements qu’ils jugent structurels. Les deux plus hauts magistrats de France dénoncent la tentation d’en faire des "boucs émissaires" et réclament davantage de moyens pour permettre à la justice de fonctionner correctement.
L’affaire Lyhanna agit ainsi comme un révélateur d’un malaise plus profond.