Le président Les Républicains du Sénat Gérard Larcher était l'invité de La Grande interview Europe 1-CNews ce jeudi matin. Au micro de Laurence Ferrari, il s'est dit "choqué" par la volonté de dizaines de magistrats d'organiser une journée "Justice morte", en réaction aux sanctions visant un substitut du parquet d'Auch, dans le cadre de l'affaire Lyhanna.
Le rapport demandé par le gouvernement à la suite de la mort de la jeune Lyhanna, 11 ans, a révélé de nombreux dysfonctionnements dans la chaîne judiciaire. Face à la situation, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a ordonné des sanctions contre le substitut du parquet d'Auch, qui était chargé de suivre des dossiers impliquant Jérôme Barella, principal suspect dans le meurtre de la jeune adolescente.
Depuis, plusieurs dizaines de magistrats et professionnels de la justice tentent d'organiser une riposte face au ministre de la Justice, pour dénoncer les mesures prises à l'encontre de leur collègue. A l'aide d'une boucle WhatsApp, certains appellent à organiser une journée "Justice morte" le 29 juin prochain.
"La confiance dans la justice est quelque chose d'essentiel"
"Je suis choqué" face à de telles positions, reconnaît Gérard Larcher, président Les Républicains du Sénat, invité ce jeudi matin sur le plateau de La Grande interview Europe 1-CNews.
"Le rapport montre qu'il y a eu des dysfonctionnements. Parallèlement, la commission des lois du Sénat a entamé une procédure de commission d'enquête, notamment pour savoir qu'est-ce qu'il s'est passé entre les instructions données par la chancellerie au parquet et la suite", poursuit-il.
"Dans un état de droit, la confiance dans la justice est quelque chose d'essentiel. Je ne suis pas de ceux qui veulent dire qu'il faut se défier de la justice, mais aussi qu'il faut que la justice, par son attitude, nous aide à restaurer cette confiance. Et je crois profondément que les réactions corporatistes me semblent plus qu'indécentes vis-à-vis de la douleur des familles", conclut Gérard Larcher.