De nouveaux éléments révèlent que Jérôme Barella aurait été signalé à la police française par un organisme américain spécialisé dans la lutte contre la pédocriminalité, avant l’affaire Lyhanna. Mais ces alertes, noyées parmi des centaines de milliers de signalements, n’auraient pas été exploitées.
Chaque jour, de nouvelles révélations émergent sur Jérôme Barella. Non seulement les gendarmes et la justice seraient passés à côté de son parcours criminel, mais les policiers aussi, à en croire nos confrères du Monde. Le journal affirme qu’il aurait été signalé par un organisme américain de lutte contre la pédocriminalité à la police française, le NCMEC.
Cette organisation de référence lutte contre la maltraitance des mineurs et recense les affaires d’enfants disparus ou exploités. Selon les journalistes du Monde, la structure aurait réalisé plusieurs signalements à la police française bien avant l’affaire Lyhanna.
318.000 signalements, soit 870 par jour
Des signalements transmis à l’Office des mineurs (OFMIN), où 38 enquêteurs de la police judiciaire tentent de débusquer les pédocriminels les plus actifs, notamment sur internet. La fondation américaine aurait ainsi alerté les policiers français d’un comportement en ligne suspect de Jérôme Barella.
Sauf que ce service est noyé sous les signalements. En 2023, il en a reçu 318.000, soit 870 par jour. L’OFMIN ne peut traiter qu’1 % de cette masse de signalements. Le reste n’est jamais, ou quasiment jamais, judiciarisé.
À moins qu’un service local de police ou de gendarmerie ne demande à vérifier auprès de l’office si un suspect apparaît dans cette base de données. Ce qui, semble-t-il, n’a pas été fait dans le cas de Jérôme Barella.