Une nuit de janvier 2002, Élodie Kulik a été enlevée après un accident de voiture, pour le coup inexpliqué sur une départementale, dans la Somme. La jeune femme a été violée, tuée et brûlée. Une affaire où Willy Bardon a été condamné à 30 ans de prison en 2019. Ce jeudi, le procureur de la République d'Amiens a décidé de procéder à de nouvelles expertises ADN et vocales.
Peut-être un nouveau rebondissement dans l'affaire Élodie Kulik. Sept ans après la condamnation à 30 ans de prison prononcée à l'encontre de Willy Bardon, le procureur de la République d'Amiens a décidé de procéder à de nouvelles expertises ADN et vocales.
C'est un enregistrement de 26 secondes, l'appel de détresse glaçant d'Élodie Kulik aux pompiers après son accident de voiture alors qu'elle était agressée. On y entend la victime ainsi que plusieurs voix masculines.
"Je pense que la science est en mesure d'innocenter Monsieur Bardon"
Cette bande sonore a constitué l'une des principales pièces de l'accusation. Plusieurs proches de Willy Bardon ont déclaré reconnaître sa voix. Si l'homme, aujourd'hui âgé de 51 ans, a été condamné pour ce crime barbare à 30 ans de prison par deux cours d'assises, il a toujours clamé son innocence.
Ses avocats, dont Me Gabriel Dumesnil, ont obtenu de nouvelles investigations : "Nous attendrons le résultat des expertises qui, nous n'avons pas beaucoup de doutes, démontreront que Willy Bardon n'était pas présent, comme cela a pu être démontré, sur la scène de crime et que la voix sur l'appel n'est pas celle de Willy Bardon. Je pense que la science est en mesure d'innocenter Monsieur Bardon".
Concrètement, un ensemble d'experts va utiliser des techniques scientifiques d'identification, alors inconnues au moment de l'enquête : analyse vocale de l'enregistrement, mais également ADN sur les scellés. Le condamné pourra alors ensuite décider de solliciter une révision de son procès.
Du côté de la famille de la victime, il y a deux mois, Me Didier Seban, avocat de Jacky Kulik, avait rapporté que son client était fatigué et qu'il fallait le laisser tranquille.