Affaire Elodie Kulik : 18 ans après l'enlèvement, le viol et l'assassinat, le procès s'ouvre

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Jacky Kulik et son avocat 2013 (2000x1000) AFP 1:25
Jacky Kulik, à droite, et son avocat Didier Robiquet le 18 janvier 2013 © PHILIPPE HUGUEN / AFP
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18 ans après la mort d'Elodie Kulik - retrouvée à moitié calcinée après avoir été enlevée, violée et assassinée -, le procès s'ouvre jeudi à la cour d'assises de la Somme, à Amiens. Problème, l'auteur identifié est mort il y a 9 ans. Willy Bardon, ami de Gregory Wiart, est dans le box. Il comparaît pour enlèvement, séquestration, viol et meurtre.
REPORTAGE

18 après sa mort. Jeudi, à la cour d'assises de la Somme, à Amiens, s'ouvre le procès de Gregory Wiart, un ami de Willy Bardon, accusé d'avoir enlevé, séquestré, violé et assassiné Elodie Kulik. L'épilogue judiciaire de ce qui fut longtemps une affaire non élucidée.

Elodie Kulik, 24 ans, était une jeune banquière de Péronne (Somme). Elle est retrouvée à moitié calcinée dans une décharge agricole en janvier 2002, après avoir été enlevée, violée et assassinée. Une enquête de plus de 12 ans, un cold case qui a mobilisé des dizaines d’enquêteurs de la gendarmerie, des centaines d’auditions, des milliers d’analyses ADN et un père qui a même proposé jusqu’à 100.000 € de récompense pour obtenir des témoignages. Tel est le résumé de l'affaire Kulik.

Les cris d'Elodie "horribles, épouvantables, terrifiants"

L'auteur est identifié 10 ans plus tard, il s'agit de Gregory Wiard. Il est retrouvé par la police en 2012 grâce à une technique de recoupement ADN par parenté, une technique inédite à l'époque. Seul problème, le suspect était mort depuis 9 ans. Jeudi, dans le box des accusés, Willy Bardon comparaît pour enlèvement, séquestration, viol et meurtre. Il est un ami de Gregory Wiart.

Sa voix a été reconnue par 5 de ses proches sur l’enregistrement de l’appel aux pompiers qu’avait passé la jeune femme au moment de son agression. C'est sur cet enregistrement que se base essentiellement l'accusation. Même s'il n'y a pas d'autre preuve. Cela suffit pour le condamner selon Jacky Kulik le père de la victime : "L’enregistrement, je le connais. J’ai voulu savoir quelles ont été ses dernières paroles et me rendre compte de l’horreur. Il y a deux voix. Il y a aussi la voix d’Elodie, enfin surtout les cris. C’est horrible, épouvantable, terrifiant à écouter. Elle sait que ça va mal se terminer pour elle. Un expert estime à 87% qu’il s’agit de la voix de Bardon. Pour moi, il n’y a aucun doute".

"Je veux l'avoir devant moi, je suis prêt"

Jacky Kulik a bataillé pendant des années pour que les enquêteurs ne lâchent pas l’affaire. Il est même allé jusqu’à offrir une prime de 100.000 € pour obtenir des témoignages. Jeudi, Jacky Kulik fera face au meurtrier présumé de sa fille avec l’espoir d’avoir enfin des réponses.

"Je recherche la vérité, je veux savoir exactement comment ça s’est passé. Je voudrais qu’il me dise au moins quelles ont été les dernières paroles de ma fille. Je l’ignore, lui le sait, il y était. Puis l’avoir devant moi, moi je suis prêt, si lui ne l’est pas, moi je suis prêt", livrait Jacky Kulik à la veille du procès.

C'est de Willy Bardon dont parle le père de la victime, un copain de virée de Grégory Wiart, le violeur d’Elodie identifié par ADN mais décédé peu de temps après. Il clame son innocence. Le seul élément qui l’accuse, c’est sa voix reconnue par des proches sur quelques secondes de l’enregistrement de l’appel d’Elodie aux pompiers au moment de son agression.

"Reconnaître quelqu'un en écoutant cette bande, c'est extrêmement difficile"

Un élément discutable selon son avocat, Stéphane Daquo : "Moi je constate en écoutant cette bande et ce que disent les experts. Reconnaître quelqu'un en écoutant cette bande, c'est extrêmement difficile voire impossible. Si on fait une analyse juridique et scientifique de la situation, ça me permet être un élément qui devrait exclure la responsabilité qui est la sienne".

Conséquence du délai de l’instruction et des recours de ses avocats, Willy Bardon a été remis en liberté il y a 5 ans. Des années de liberté volées souffle Jacky Kulik qui n’attend rien d’autre qu’une condamnation à perpétuité.

Europe 1
Par Lionel Gougelot, édité par Maxime Dewilder

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