Tentative de suicide de Willy Bardon : "C'est une condamnation qu'il ne peut pas accepter", réagit l'un de ses avocats

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La défense estime qu'elle n'a pas été écoutée et ne comprend pas le verdict. 0:55
La défense estime qu'elle n'a pas été écoutée et ne comprend pas le verdict. © JACQUES DEMARTHON / AFP
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Willy Bardon, condamné à 30 ans de prison dans l'affaire Kulik, est en réanimation dans un état qualifié de "grave", après avoir ingéré un produit en plein tribunal. Un geste de désespoir selon son avocat Gabriel Dumesnil, contacté par Europe 1.

Willy Bardon, condamné à 30 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises de la Somme pour l'enlèvement et la séquestration suivis de mort et le viol d'Elodie Kulik en 2002, est en réanimation à l'hôpital. Il a avalé un "produit" juste après le rendu du verdict, un geste que l'un de ses avocats, Gabriel Dumesnil, considère comme celui d'un désespéré

"C'est terrible, terrible ce qui se passe pour cet homme. C'est une condamnation qu'il ne peut pas accepter, qu'on n'accepte pas non plus", affirme sur Europe 1 le conseil, qui dit comprendre que son client en soit arrivé là. "Je ne sais pas si c'est un acte qui est prévisible... C'est une personne qui se sait innocente, qui ne peut pas accepter de passer le restant de ses jours dans une prison alors qu'elle n'a rien fait, donc oui, on peut comprendre qu'on en arrive à des choses extrêmes comme cela".

La défense voudrait faire rejuger l'affaire

"On considère que la défense n'a pas été écoutée, et que évidemment il faudrait faire rejuger cette affaire", estime par ailleurs Gabriel Dumesnil. "C'est une décision qui est difficilement compréhensible au vu du dossier".

En 2002, Elodie Kulik, employée de banque de 24 ans, avait été enlevée, violée, étranglée, puis brûlée à Tertry dans l'Aisne. Avant de mourir, la jeune femme avait appelé les secours. Sur l'enregistrement de 26 secondes, les voix de deux hommes, et "le seul proche" qui est "reconnu sur la bande" par plusieurs témoins est Willy Bardon, d'après l'avocate générale Anne-Laure Sandretto. Aux yeux de l'accusation, la participation d'un homme, Grégory Wiart, mort en 2003, est "indéniable"Willy Bardon de son côté a toujours clamé son innocence.

Europe 1
Par Hélène Terzian, édité par Séverine Mermilliod