Ce vendredi, le président de l’enclave espagnole de Ceuta a annoncé que 60.000 migrants avaient traversé la frontière avec le Maroc. Une crise migratoire qui n'est pas inédite pour l'Espagne, mais qui soulève des interrogations quant à sa stratégie de conserver la ville. Europe 1 vous résume la situation.
Depuis plusieurs jours, 60 000 migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta. Au moins 34 sont morts en essayant, a annoncé ce vendredi 31 juillet 2026 le président de la ville.
Ce n’est pourtant pas la première fois que Ceuta traverse une crise migratoire d’ampleur. De quoi interroger les observateurs sur l’intérêt, pour l’Espagne, de conserver son enclave au Maroc.
Un contrôle du détroit de Gibraltar
Ceuta est l’un des seuls territoires de l’Union européenne en Afrique continentale et appartient à l’Espagne depuis plus de 500 ans. La ville appartenait autrefois au Portugal, mais est passée sous domination espagnole en 1640 après la dissolution de l’Union ibérique.
À partir de 1995, l’Espagne a conféré à ce territoire le statut de ville autonome, à l’instar des autres villes autonomes espagnoles. De son côté, le Maroc revendique Ceuta depuis 1956, année de son indépendance, tout comme d'autres territoires d'Afrique du Nord, notamment le Sahara occidental. Le royaume estime qu'il s'agit d'un vestige du colonialisme.
Mais l'Espagne a tout intérêt à conserver Ceuta, car sa position lui permet de contrôler l'entrée de la mer Méditerranée par le détroit de Gibraltar. La ville est également située à une quinzaine de kilomètres des côtes espagnoles.
Ceuta n'est d'ailleurs pas la seule enclave espagnole au Maroc, puisqu'il existe aussi Melilla, située plus à l'est, à environ 400 km.