Plus des deux tiers des enfants âgés de 10 à 14 ans sont favorables à une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, selon une étude de l'Arcom.
Plus des deux tiers des enfants âgés de 10 à 14 ans sont favorables à une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, selon une étude de l'Arcom, régulateur de l'audiovisuel et du numérique, dévoilée vendredi.
D'après les résultats de cette étude, 69% d'entre eux estiment que l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans est une "bonne idée". L'étude, menée en interrogeant 1.012 enfants de 10 à 14 ans, a été réalisée début juin, avant l'adoption mardi par le parlement d'une loi entérinant cette interdiction, qui doit entrer en application à partir de septembre.
Des doutes sur l'efficacité d'une telle mesure
Les enfants "sont demandeurs d'une protection qui vient de l'extérieur (...) même s'ils ont quelques doutes sur l'efficacité immédiate" de l'interdiction, a commenté auprès de l'AFP le président de l'Arcom, Martin Ajdari. Les enfants interrogés au cours de l'étude, menée par l'institut de sondage CSA, déclarent en grande majorité (67%) qu'ils respecteront la loi. Une part non négligeable (33%) indiquent en revanche qu'ils trouveront un moyen de contournement.
Si le texte voté par les sénateurs et députés ne détaille pas quelles méthodes du contrôle de l'âge pourront être utilisées, plusieurs outils ont déjà été utilisés par les plateformes en Australie, qui a interdit l'accès aux réseaux aux moins de 16 ans depuis décembre 2025.
Dans certains cas, ces méthodes peuvent toutefois être contournées, notamment via l'utilisation d'un VPN, un outil permettant de se localiser dans un autre pays. Parmi les enfants interrogés dans l'étude de l'Arcom qui déclarent qu'ils ne respecteront pas l'interdiction, une majorité d'entre eux (64%) indiquent qu'ils renseigneront une fausse date de naissance, une tentative qui risque d'échouer si les méthodes de vérification de l'âge sont efficaces.
Des parents prêts à aider leurs enfants à contourner l'interdiction
Certains (27%) affirment qu'ils se feront aider de leurs parents pour créer un compte malgré l'interdiction, alors que la loi ne prévoit pas de sanction pour les enfants qui ne respecteraient pas l'interdiction, ni pour leurs parents. La plupart des enfants interrogés devraient être directement impactés par la loi qui doit entrer en application en septembre: 70% d'entre eux déclarent détenir au moins un compte sur un réseau social ou une plateforme en ligne telle que Youtube.
Pour les 10-12 ans, ce chiffre s'élève à 63%, malgré l'interdiction aux moins de 13 ans déjà mise en place par la plupart des plateformes.