Le gouvernement veut réduire de 13% le prix du paracétamol pour limiter les dépenses de santé. Une décision qui provoque l'inquiétude des laboratoires, alors que la France tente de relocaliser sa production.
Le paracétamol est au cœur d'un bras de fer entre l'État et l'industrie pharmaceutique. Le gouvernement envisage une baisse de 13% du prix fabricant à partir de 2027, avec l'objectif de réaliser des économies pour l'Assurance maladie. Le médicament représente plus de 420 millions de boîtes remboursées en 2025.
Un mauvais signal pour la production française
Il est question d'une réduction de 13,04% du prix fabricant hors taxe (PFHT) du paracétamol, soit 10 centimes pour atteindre 0,66 euro au 1er janvier 2027. Actuellement, le tarif s'élève à 0,76 euro. En ajoutant les marges des grossistes-répartiteurs et des pharmaciens, cela donne un prix public de 2,18 euros par boîte de cet antidouleur de palier 1.
Cette annonce intervient alors que plusieurs industriels investissent pour relancer une filière française du paracétamol, dont la production dépend encore largement de l'Asie. Les grosses entreprises pharmaceutiques comme Opella, UPSA ou Seqens travaillent notamment à relocaliser la fabrication du principe actif.
Les laboratoires estiment toutefois que produire en France coûte plus cher. Le principe actif français représenterait un surcoût d'environ 60% par rapport aux approvisionnements asiatiques.
Les industriels réclament une revalorisation
Alors que l'État veut réduire le prix du médicament, les fabricants demandent au contraire une hausse comprise entre 10 et 15% pour financer durablement la production française.
"C'est insensé. C'est tout l'inverse de ce qu'on a demandé", a réagi un porte-parole d'UPSA. Au micro de BFM Business, le 1er juin dernier, la patronne d'UPSA, Isabelle Van Rycke, avait plaidé pour une revalorisation de 10 centimes du prix du paracétamol, considérant qu'il vaut "moins qu'une baguette de pain" en France.
Les négociations avec le Comité économique des produits de santé (CEPS) s'annoncent tendues. Les représentants d'Opella et d'UPSA vont être reçus tour à tour, dès ce mardi 21 juillet, par le ministre de l'Industrie Sébastien Martin. Ces derniers espèrent a minima être rassurés, avant le début des négociations avec le CEPS.
Derrière le cas du paracétamol, c'est un choix stratégique qui se dessine : faut-il privilégier les économies immédiates ou accepter un coût plus élevé pour garantir une production pharmaceutique française ?