Deux jours après l'interruption du concert de Barbara Butch à Grenoble, la polémique enfle. Le spectacle avait été perturbé par des militants pro-palestiniens, dénonçant les positions de l'artiste. La ville dénonce des violences et des atteintes à la liberté artistique, tandis que le Crif réclame des mesures.
La France insoumise au cœur d'une nouvelle polémique, deux jours après l'interruption du concert de la DJ Barbara Butch à Grenoble. Un spectacle perturbé samedi soir par des manifestants pro-palestiniens, puis finalement arrêté par les organisateurs pour des raisons de sécurité. Ce boycott, initié notamment par une section locale de LFI, visait à punir l'artiste de confession juive pour son soutien à une loi contre l'antisémitisme, la loi Yadan. Dans les rues de Grenoble, l'indignation domine depuis les faits.
"Le public n'a pas à subir ça"
Sur la place du Jardin de Ville à Grenoble, les techniciens démontent la scène où l'artiste s'est produite samedi soir. Deux jours après l'interruption du concert, l'événement continue d'alimenter les discussions.
Parmi les passants, Ingrid, 57 ans, dit comprendre les revendications des militants, mais dénonce les actes de violence pendant le concert. "Le public n'a pas à subir ça. Chacun peut exprimer ses idées, mais il y a des lieux pour le faire, il y a des moments pour le faire et ça ne peut pas s'exprimer comme ça, en plus avec de la violence. C'est déplorable", déplore-t-elle.
"Elle ne venait pas faire un meeting politique, elle venait chanter"
La maire de Grenoble évoque des jets de bouteilles en verre, d'autres projectiles en direction de la scène, ainsi que des actes de sabotage des installations électriques. Au-delà des violences, plusieurs habitants y voient aussi une atteinte à la liberté de création artistique.
"Un concert de musique, ça passe maintenant pour une identité politique. Elle ne venait pas faire un meeting politique, elle venait chanter", s'indigne une riveraine.
"Cette dame a le droit d'avoir ses convictions. Ce qui me choque, c'est que l'artiste ne peut pas exercer son métier librement. Et puis cette violence, les jets de projectiles, les insultes, ce qui est arrivé ne devait pas arriver", réagit de son côté un Grenoblois.
Le Crif appelle le ministère de la Culture à mettre en place en urgence un plan de lutte contre le boycott des artistes et contre l'antisémitisme. De son côté, la ville de Grenoble a annoncé qu'elle déposerait plainte contre X.