Les électriciens et gaziers pourraient se mobiliser dans les prochaines semaines si le gouvernement confirme une baisse du "tarif agent", un avantage permettant aux salariés des entreprises du secteur de bénéficier de tarifs préférentiels sur le gaz et l'électricité.
Le bras de fer est engagé entre le gouvernement et les salariés du secteur de l'énergie. En cause, le "tarif agent", un dispositif qui permet depuis plusieurs décennies aux employés et retraités des industries électriques et gazières de bénéficier d'un tarif préférentiel sur leur consommation de gaz et d'électricité.
Créé après la nationalisation de l'électricité et du gaz au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le "tarif agent" concerne aujourd'hui les salariés et les retraités de plusieurs entreprises du secteur, notamment EDF, Enedis, GRDF ou encore Engie. Mais cet avantage est désormais dans le viseur du gouvernement.
Revoir un avantage historique
L'exécutif envisage de revoir son fonctionnement, notamment la manière dont il est valorisé. Le ministère de l'énergie a expliqué, à l'AFP, vouloir répondre à "une mise en demeure de la Cour des comptes", qui estime nécessaire de se "mettre en conformité sur la valorisation de cet écart (...) entre ce tarif et la valeur réelle de l'énergie".
Bien que le ministère assure qu'aucune décision définitive n'a encore été prise, les syndicats appellent dès à présent à la mobilisation. La contestation pourrait donc prendre rapidement une tournure sociale. Le mot d'ordre est déjà lancé dans les rangs des salariés : "Pas touche au tarif agent". Pour les représentants du personnel, ce dispositif ne constitue pas seulement une réduction sur les factures, mais fait partie intégrante du statut particulier des industries électriques et gazières.
Les syndicats rappellent également que les salariés du secteur exercent des métiers soumis à des contraintes importantes, notamment les interventions sur les réseaux ou les astreintes nécessaires au maintien de l'approvisionnement énergétique.
Une grève dès juillet ?
La CFE-CGC Énergies, premier syndicat d'EDF SA (l'énergéticien sans ses filiales), a d'ores et déjà adressé mercredi à son PDG Bernard Fontana un préavis de grève à compter du 21 juillet. Une intersyndicale doit toutefois se réunir vendredi après-midi pour décider des modalités de la mobilisation.
Cette mesure interviendrait "l'année même où l'on célèbre les 80 ans" d'EDF et d'un "engagement sans faille" des électriciens et des gaziers, "face aux tempêtes, aux inondations, aux canicules, aux feux de forêt ou pour garantir la souveraineté et la sécurité énergétiques du pays".