Gabriel Attal a pointé la "dimension morale" d'une candidate "condamnée à deux reprises" pour "détournement de fonds publics", après que Marine Le Pen a annoncé être candidate à l'élection présidentielle.
"On a une responsable politique condamné à deux reprises à de la prison ferme pour détournement de fonds publics, qui fait le choix d'être candidate à l'élection présidentielle. Moi, j'appartiens à une nouvelle génération politique pour qui l'exemplarité, la probité, c'est probablement les valeurs les plus importantes et ce n'est pas pour nous des mots. (...) Évidemment, il y a une dimension morale dans cette situation à se présenter, alors même qu'on a été condamné et qu'on a un casier judiciaire avec de la prison ferme", a déclaré sur TF1 l'ancien Premier ministre et candidat de Renaissance.
Marine Le Pen insiste sur le plateau de TF1 que sa campagne pour la présidentielle commence dès ce mardi soir afin d'"œuvrer au redressement de la France".
La cheffe de file du RN insiste qu'elle fait un binôme avec Jordan Bardella et qu'ils vont très rapidement démarrer la campagne présidentielle. "Nous avons offert aux Français un binôme (...) et c'est ensemble que nous irons convaincre les Français que ce qu'ils vivent aujourd'hui n'est pas une fatalité", insiste Marine Le Pen. "Ce binôme est un ticket gagnant", avec Jordan Bardella comme "Premier ministre", souligne Marine Le Pen sur TF1.
Marine Le Pen a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle, malgré sa condamnation pour détournement de fonds. "Ce soir, je suis candidate à l'élection présidentielle", a-t-elle déclaré, assurant qu'elle "ne changerai(t) pas d'avis" en dépit du risque de voir sa peine confirmée d'ici quelques mois, car elle entend utiliser "les voies de recours" qui lui sont offertes "pour pouvoir défendre (son) innocence".
Après sa condamnation, Marine Le Pen explique qu’elle va se pourvoir en cassation après avoir été condamnée en seconde instance. Je veux aller au bout des voies de recours pour pouvoir défendre mon innocence dans ce dossier", déclare-t-elle.
Sur le plateau du 20H de TF1, la cheffe de file des députés du Rassemblement national, Marine Le Pen, explique être heureuse "qu'on rende aux Français leur liberté de voter et que la cour me rende mon éligibilité".
La procureure générale prendra sa décision "la semaine prochaine" quant à un éventuel pourvoi en cassation, a-t-elle annoncé sur RTL.
Malgré sa condamnation à 15 mois ferme d'inéligibilité, Marine Le Pen peut techniquement se présenter à l'élection présidentielle. Pourquoi ? La réponse dans notre décryptage.
Interrogé sur la condamnation de Marine Le Pen, en marge d'un déplacement en Syrie, Emmanuel Macron affirme qu'un "président ne commente pas les décisions de justice".
"Ce qui est sain pour la démocratie, c'est que le président de la République ne commente pas les décisions de justice, donc je vais m'en tenir à cette grammaire, qui plus est à l'étranger", a-t-il dit, questionné à ce sujet lors d'une conférence de presse avec le président syrien Ahmad al-Chareh.
La cour d'appel de Paris a pris en compte "la liberté des candidatures" et "la liberté de choix de l'électeur" en condamnant Marine Le Pen à quinze mois ferme d'inéligibilité, ce qui lui rouvre la porte d'une quatrième candidature présidentielle, a-t-elle détaillé mardi.
Sur les peines d'inéligibilité, la cour d'appel "considère qu'il lui appartient d'apprécier la proportionnalité de la sanction au regard de l'atteinte portée au droit d'éligibilité, auquel doivent être rattachées la liberté des candidatures mais aussi la liberté de choix de l'électeur, condition d'expression du suffrage démocratique", a indiqué dans un communiqué la première présidence de la cour d'appel, reprenant des termes prononcés à l'audience par la présidente Michèle Agi.
Marine Le Pen "a bénéficié d'une grande mansuétude" de la part de la justice, "notamment en passant aussi rapidement en appel", a estimé mardi la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier, pour qui "les restrictions du bracelet électronique" semblent "peu compatibles avec une campagne présidentielle". De son côté, Boris Vallaud, chef des députés PS, qualifie la cheffe de file du RN de "délinquante".
L'avocat de Marine Le Pen, condamnée en appel mardi au procès des assistants d'eurodéputés RN mais éligible à la présidentielle de 2027, s'est dit "partiellement" satisfait après l'annonce de la décision.
"Nous notons une inflexion considérable sur les peines, notamment sur la peine d'inéligibilité qui pour nous est un point extrêmement important, d'autant qu'il a été accompagné de mention par la présidente sur la liberté pour les électeurs d'avoir un candidat. Maintenant, nous réfléchissons à l'ensemble de la décision", a commenté Me Rodolphe Bosselut, à l'issue de l'audience.
Eligible mais condamnée à porter un bracelet électronique, Marine Le Pen est arrivée au siège du Rassemblement national vers 14h45 pour décider avec les principaux cadres de son parti si elle sera quand même candidate à l'élection présidentielle.
La cheffe des députés RN, qui annoncera sa décision au 20h de TF1, a notamment retrouvé sur place son dauphin Jordan Bardella, arrivé en début d'après-midi, et dont le sort est lié au sien : si elle est candidate à l'Elysée, il sera destiné à Matignon ; si elle renonce, il se présentera à sa place.
Marine Le Pen, condamnée en appel au procès des assistants d'eurodéputés RN mais éligible à la présidentielle de 2027, a quitté le palais de justice sans faire de déclaration après l'annonce de la décision, ont constaté mardi des journalistes de l'AFP.
La députée RN, qui doit s'exprimer mardi soir au JT de 20H de TF1, a tenu conciliabule avec ses avocats avant de quitter le palais de justice de l'île de la Cité.
Louis Aliot, maire de Perpignan et vice-président du RN, écope d'une peine d'un an avec sursis en appel. Il est également condamné à deux ans d'inéligibilité avec sursis et à 5.000 euros d'amende.
Marine Le Pen, condamnée à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 avec sursis, peut a priori être candidate à la présidentielle de 2027, mais la cour d'appel de Paris l'a aussi condamnée à un an de bracelet électronique. La cheffe de file du RN avait conditionné sa candidature à l'absence de condamnation au port d'un bracelet. Elle doit s'exprimer au journal de 20h de TF1.
Marine Le Pen a été condamnée à trois ans de prison, dont un an sous bracelet électronique, et à 15 mois ferme d'inéligibilité pour détournement de fonds publics européens, en sa qualité d'eurodéputée, et complicité de détournements de fonds publics, au titre de présidente du FN (ancien nom du RN). Elle devra aussi s'acquitter d'une amende de 100.000 euros.
L'audience de délibéré dans l'affaire des assistants d'eurodéputés du Front national s'est ouverte à la cour d'appel de Paris. En cas de condamnations, les peines devraient être annoncées à la toute fin de la lecture de la décision, dont la durée est inconnue.
La justice reproche à Marine Le Pen, ainsi qu'au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres cadres, d'avoir entre 2004 et 2016 fait embaucher des assistants parlementaires aux eurodéputés du parti, rémunérés par des fonds du Parlement européen mais dont l'activité n'aurait été qu'au seul bénéfice du FN.
Marine Le Pen est arrivée mardi peu avant 13h15 au palais de justice de Paris où doit être annoncée la décision en appel au procès des eurodéputés du RN, décisive pour son avenir politique, ont constaté des journalistes de l'AFP.
La députée RN, vêtue d'une veste rose pâle, d'un haut blanc et d'un pantalon noir, a glissé "ça va, ça va" à un interlocuteur qui lui demandait comment elle allait à son entrée dans la salle d'audience. A 13h30 doit commencer la lecture de la décision, qui pourrait l'empêcher de concourir à l'élection présidentielle de 2027.
Dans Europe 1 Info, Gabrielle Cluzel revient à l'origine de cette affaire. La chroniqueuse rappelle que suite à un courrier anonyme, Martin Schulz, alors président du Parlement européen, saisit l'OLAF (l'office européen de lutte antifraude) en mars 2015. Pour la rédactrice en chef de Boulevard Voltaire, "c’est presque une immixtion de l’Europe dans les affaires nationales".
Arthur de Watrigant affirme dans Europe 1 Info que la décision de la cour d'appel ne changera pas grand chose pour les électeurs. "Marine Le Pen a préparé l'après, elle a estimé que l'avenir d'un parti ne pouvait pas dépendre que d'un seul nom. C'est assez rare en politique."
Et le directeur de publication de l'Incorrect de souligner "une certaine dignité de Marine Le Pen" : "son cas personnel est moins important que l'avenir du parti".
"Dans l'hypothèse où Marine Le Pen est rendue éligible, qu'elle peut se présenter, elle apparaîtra vraiment comme la Jeanne d'Arc, celle qui va sauver la France. Elle sera encore plus adulée par son électorat et d'autres qui pourraient être hésitants", assure Georges Fenech dans Europe 1 Info.
Dans le cas contraire, "Jordan Bardella va porter les espoirs de ce parti, il va reprendre le flambeau, il est préparé. Et donc ça va aussi mobiliser [...] Je ne crois pas que cette décision de justice, quelle qu'elle soit, elle puisse mettre un terme ni à la carrière de Marine Le Pen, qui je le rappelle n'a que 58 ans, ni à un mouvement qui sera présent dans tous les cas de figure au second tour."
Le procès sera suivi de près dans les rangs des autres partis politiques français. Car l'identité du futur candidat du Rassemblement national pour 2027 pourrait rebattre les cartes pour les adversaires du parti à la flamme. Avec ses trois campagnes présidentielles, dont deux accessions au second tour, Marine Le Pen est jugée comme la candidate la plus dangereuse par la majorité de la classe politique.
Plus mature que Jordan Bardella, son expérience est redoutée à droite comme à gauche, alors que la jeunesse d’Emmanuel Macron a été perçue a posteriori comme un handicap.
A l’inverse, Jordan Bardella incarne une ligne plus favorable aux milieux économiques. "Demain, nous aurons besoin de toutes les entreprises, et je souhaite avec elles déverrouiller toutes les contraintes qui pèsent sur la croissance", a-t-il ainsi soutenu. Retrouvez notre article ici.
Depuis mars et la fin de l’audience, les trois magistrats de la cour d’appel sont entrés, après l’audience publique, dans ce qu’on appelle "le temps du délibéré". Première étape : reprendre l’intégralité du dossier, des procès-verbaux aux conclusions des avocats, en passant par les réquisitions du parquet général.
La présidente, Michèle Agi, et ses deux assesseurs, ont confronté les éléments à charge et à décharge. Les trois juges se réunissent, échangent sur chaque prévenu, chaque infraction et doivent répondre point par point aux arguments de la défense et de l’accusation, trancher les divergences. La cour se met ensuite d’accord sur les éventuelles relaxes et condamnations, puis sur les peines et leur quantum.
La cour rendra public son arrêt à 13h30, fruit de plusieurs mois de débats, bien loin de l’image d’une décision prise dans les dernières heures avant le délibéré. Retrouvez notre article ici.