Le débat budgétaire s'invite dans la campagne avec deux trajectoires distinctes. Gabriel Attal promet un retour à un déficit public de 0% à l’horizon 2037, tandis qu'Édouard Philippe vise une réduction de 5 à 2% du PIB en cinq ans.
Pour atteindre ces objectifs, le maire du Havre propose d'inscrire une règle d'or budgétaire dans la Constitution, afin de contraindre durablement les finances publiques.
Le principe s'inspire directement de l'Allemagne, où une telle règle encadre déjà strictement les déficits et la dette. Outre-Rhin, la dette publique reste inférieure à 65% du PIB, contre environ 117% en France.
Un mécanisme de contrôle renforcé
Selon l'économiste Éric Dorre, ce dispositif revient à "brider le montant du déficit public". Une instance indépendante pourrait ainsi retoquer un budget tant qu'il ne respecterait pas la règle constitutionnelle.
En Allemagne, le déficit est théoriquement limité à 0,3% du PIB, ce qui en fait un cadre particulièrement strict.
Un modèle efficace mais flexible en période de crise
Si la règle d'or est présentée comme un outil de rigueur, elle peut être assouplie en cas de choc économique majeur. L'Allemagne y a déjà dérogé, notamment pour exclure certains investissements, comme les dépenses militaires, ou pour lancer un plan de relance massif de 500 milliards d’euros destiné à moderniser les infrastructures et soutenir la croissance.