En raison du conflit au Moyen-Orient, l'immobilier haut de gamme ou très haut de gamme traverse une mauvaise passe, comme à Paris intra-muros où l'activité a diminué de 10% sur le premier semestre. Le secteur peut néanmoins compter sur les Américains, qui continuent d'investir en France, qu'ils soient pro ou anti-Donald Trump.
Faites vos jeux rien ne va plus, enfin presque ! L’immobilier haut de gamme ou très haut de gamme que sont les villas en bord de mer, les appartements parisiens avec vue sur les monuments de la capitale, les châteaux, les belles propriétés, ont reçu avec la guerre au Moyen-Orient, un petit coup de massue derrière la tête.
Résultat, rien qu’à Paris intra-muros, Barnes affiche une activité en diminution de 10% sur le premier semestre. Heureusement, les Américains achètent à tour de bras et sans compter.
Attentisme des acquéreurs français et internationaux
Avec 490 promesses de vente signées depuis le mois de janvier contre 546 sur les six premiers mois de l’année passée, Barnes le reconnait : l’immobilier de luxe est aujourd’hui confronté comme l’ensemble du secteur à l’attentisme des acquéreurs français et internationaux face aux conflits géopolitiques qui secouent le Moyen-Orient ou l’Ukraine mais aussi face aux échéances électorales en France.
Les élections municipales passées, le marché du luxe connait un rebond rassurant. Résultat, le mois de mai se retrouve parmi les meilleurs mois enregistrés ces dernières années pour l’immobilier de luxe. A Paris par exemple, les biens au-delà de trois millions d’euros affichent une progression en volume de 54% par rapport à mai 2025.
Des biens d’exception sans aucun défaut sont même vendus jusqu’à 50.000 euros le mètre carré dans certains quartiers de la capitale, le même prix qu’à Saint-Jean-Cap-Ferrat au bord de la Méditerranée ou au Cap-Ferret sur la côte atlantique.
Pro et anti-Trump se retrouvent en France
Les Américains sont de retour et ça se voit, affirment les équipes de Barnes. Parmi les quartiers parisiens de plus en plus prisés par cette clientèle qui ne compte pas à la dépense, Montmartre, le Paris version Emily in Paris, ou bien encore, Saint-Germain et les alentours du jardin du Luxembourg. Idem à Bordeaux.
Pour la première fois, les Américains représentent 10% des projets d’acquisition dans le luxe contre 3% auparavant. Qui sont-ils vraiment ? Il y a les fortunés mécontents, anti-Trump, qui choisissent d’investir en France et d’y vivre plusieurs mois dans l’année.
Et puis, il y a la génération trumpienne de plus en plus fortunée et qui choisit la France pour sa culture, son histoire. Ce sont des jeunes entrepreneurs trentenaires de la tech californienne, des banquiers ou bien encore dirigeants des secteurs du pétrole et du gaz qui profitent pleinement des politiques mises en œuvre par le locataire de la Maison-Blanche.
Enfin, les délais de vente s’allongent car beaucoup de vendeurs ne veulent pas baisser leur prix. Dans les faits, le temps d’une transaction varie en fonction du bien, et de la qualité du bien de huit jours à huit mois et jusqu’à plusieurs années. Barnes vient par exemple de vendre un château complètement réhabilité à deux heures de Paris après 12 ans de négociations entre le vendeur et l’acquéreur.