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«Il n'y a pas de place» : à deux semaines des élections sénatoriales, le maire d’Allauch réclame une réforme de la loi SRU

La commune d'Allauch doit s'acquitter d'une amende de 1,3 million d'euros. [VIKEN KANTARCI / AFPTV / AFP]

À Allauch, le maire Lionel De Cala dénonce une loi SRU difficilement applicable à sa commune. Avec 80% du territoire occupé par des collines et des massifs protégés, il réclame une réforme des quotas de logements sociaux, alors que la ville doit payer 1,3 million d’euros d’amende.

À deux semaines des élections sénatoriales, le maire d’Allauch, dans les Bouches-du-Rhône, lance un appel à l’aide. À la tête de cette commune d’environ 22.000 habitants, située aux portes de Marseille, Lionel De Cala dénonce les contraintes imposées par la loi SRU et réclame une évolution des règles en matière de logements sociaux.

Avec son clocher dominant le vieux village provençal, son moulin en pierres anciennes, ses pinèdes et les collines immortalisées par Marcel Pagnol, Allauch revendique un cadre de vie préservé. Un équilibre que le maire ne veut pas venir perturber au nom des obligations de construction. 

La loi SRU impose aux communes de plus de 3.500 habitants d'atteindre un objectif de 25% de logements sociaux. Un quota qui peut s'avérer difficile à respecter dans certaines communes confrontées à des contraintes foncières, administratives ou budgétaires.

Une commune contrainte par les espaces protégés

Pour Lionel De Cala, appliquer strictement cette obligation à Allauch aurait des conséquences considérables. "Si on devait se conformer à la loi SRU, il faudrait qu'on construise plus de 2.000 logements quasiment du jour au lendemain. Ça veut dire accueillir 6.000 nouveaux habitants sur une commune qui en compte 22.000 sans que, dans le même temps, les services et les équipements ne suivent dans les mêmes proportions", a-t-il déploré.

Pour l'élu, une telle évolution risquerait directement de dégrader les conditions de vie des habitants. "Donc ça veut dire concrètement que la qualité de vie de tous les habitants de ma commune diminuerait. Et ça, je ne peux pas m'y résoudre", affirme-t-il.

À Allauch, la question du foncier constitue l'un des principaux arguments avancés par la municipalité. Environ 80% du territoire communal serait notamment constitué de collines et de massifs protégés, limitant fortement les possibilités de construction.

"Nous, on a 80% de notre territoire communal qui est composé notamment par les collines qui sont des massifs protégés. Donc c'est compliqué de construire", explique le maire.  

L'élu estime surtout que l'objectif de logements sociaux ne devrait pas être pensé uniquement à l'échelle de chaque commune. Il défend une approche plus large, au niveau des intercommunalités.

Des habitants attachés au visage d'Allauch

Dans les rues du village, une partie des habitants partage les inquiétudes du maire. Ils redoutent notamment que la construction de nombreux logements sociaux transforme profondément le visage de la commune.

Un habitant résume cette opposition : "Il faut préserver ce cadre. Vous avez vu comment c'est pittoresque... C'est bien, c'est joli, Allauch. Où c'est que vous allez faire les appartements sociaux ? Où ? Il n'y a pas de place". 

Le maire bénéficie par ailleurs d'un soutien électoral important. Lionel De Cala a été réélu dès le premier tour des dernières élections municipales avec 75% des voix.

Le non-respect des objectifs fixés par la loi SRU a également un impact financier conséquent pour la commune. Allauch doit s'acquitter d'une amende de 1,3 million d'euros.

Une somme considérable pour le budget municipal, qui représente, selon la mairie, le plus gros poste de dépense de la commune derrière la police et les écoles.