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Fin de vie : les opposants à l’aide active à mourir redoutent un élargissement progressif des critères

Le débat sur la fin de vie entre dans sa dernière ligne droite à l’Assemblée nationale. [Myriam Tirler / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Avant le vote solennel prévu le 15 juillet à l’Assemblée nationale, le débat sur la fin de vie se poursuit. Les opposants à l’aide active à mourir dénoncent une "rupture anthropologique" et craignent un élargissement progressif des critères, à l’image de ce qui s’est produit dans d’autres pays.

Le débat sur la fin de vie entre dans sa dernière ligne droite à l’Assemblée nationale. Avant un ultime passage au Sénat la semaine prochaine, puis le vote solennel des députés prévu le 15 juillet, l’aide active à mourir reste au cœur des discussions. Cette mesure, défendue par le gouvernement, continue de susciter une vive opposition. Les adversaires du texte dénoncent une "rupture anthropologique". 

Ils redoutent surtout que les critères d’accès à cette mort programmée s’élargissent progressivement, comme cela a pu être observé dans certains pays où l’euthanasie ou l’aide active à mourir sont déjà légales. Aux Pays-Bas, un enfant de moins de 12 ans gravement malade a été euthanasié l’année dernière. Une première depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle législation dans le pays. 

L’euthanasie y est autorisée depuis 2001 pour les adultes, depuis 2014 pour les mineurs de plus de 12 ans, et depuis 2023 pour les enfants plus jeunes dans certaines situations. Au Canada, les critères ont également évolué. Depuis 2021, être en phase terminale n’est plus nécessairement une condition pour accéder à l’aide active à mourir. 

"Mécaniquement, c’est ce qu’il va se passer en France"

Ces évolutions nourrissent les inquiétudes des opposants au texte français, qui y voient le signe d’un élargissement difficile à contenir une fois la loi adoptée. Pour Ségolène Perruchio, médecin et présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, ces évolutions ne sont pas des accidents, mais la conséquence logique d’un principe posé au départ. 

"Le fait de donner la mort à quelqu’un qui la demande pour ne pas qu’il souffre, il n’y a absolument aucune raison de limiter ça à la toute fin de vie, ou juste aux majeurs", estime-t-elle. Selon elle, la question de la souffrance ne peut pas être strictement limitée à la fin de vie. "Qui est la société pour juger que la souffrance en fin de vie est pire que la souffrance à d’autres moments de vie ? Ce ne sont pas des dérives, ce sont des élargissements qui sont contenus dans le texte initial tel qu’il est aujourd’hui en France", poursuit-elle.

Ségolène Perruchio redoute donc un mécanisme similaire en France si l’aide active à mourir venait à être adoptée. "Mécaniquement, c’est ce qu’il va se passer en France", affirme-t-elle. Dans les pays qui ont déjà légalisé l’euthanasie, le nombre d’actes continue par ailleurs d’augmenter. 

Aux Pays-Bas comme au Canada, le nombre d’euthanasies a progressé de 10% l’année dernière par rapport à l’année précédente. Un chiffre régulièrement cité par les opposants au texte pour alerter sur les conséquences possibles de la loi française.