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Aide à mourir : un amendement RN bouscule le débat à l’Assemblée en écartant les médecins de la procédure

Thomas SAMSON / AFP [Thomas SAMSON / AFP]

Un petit tremblement de terre a eu lieu dans le cadre de l'examen de loi sur la fin de vie à l'Assemblée nationale. Un amendement adopté en catimini ce mardi soir, dans un hémicycle largement déserté, pourrait bien chambouler les plans des défenseurs de l'euthanasie et du suicide assisté.

C'est un petit vote à main levée qui aura fait tout basculer mardi 23 juin au soir... à la surprise générale et en l'absence de la gauche. Alors que les députés examinent pour la troisième fois, depuis ce lundi 22 juin, la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir, un amendement défendu par le Rassemblement national, a été adopté mardi 23 juin au soir.

L'article prévoit d'exclure les médecins de la liste des professionnels de santé autorisés à administrer la substance létale aux patients.

L'Assemblée divisée

L'amendement, qui interdit tout simplement aux médecins de pratiquer l'euthanasie, a provoqué la colère immédiate du rapporteur du texte, Philippe Vigier. "Ce que vous avez fait là n'est pas, me semble-t-il, un beau service qu'on rend à tous les soignants", fustige-t-il. 

Chaque camp s'est emporté peu à peu dans l'hémicycle : "Nous avons le droit de restreindre le champ des personnes qui sont habilitées à procurer une euthanasie. Votre écran de fumée ne trompe personne", a rétorqué Charles Sitzenstuhl, député Renaissance du Bas-Rhin.

Pour le député RN Christophe Bentz, l'objectif symbolique, c'est surtout de rappeler que la mort ne peut pas entrer dans la catégorie des soins. "Je ne provoquerai jamais délibérément la mort. C'est le serment d'Hippocrate", martèle-t-il.

Dans les faits, une seconde délibération devrait avoir lieu d'ici mardi 30 juin, jour du vote, qui rétablira la possibilité pour les médecins de pratiquer l'euthanasie. Toujours est-il que pour les opposants au texte, la visée est atteinte. Montrez que l'Assemblée ne trouvera pas de consensus sur ce sujet et que la mobilisation de la droite et du RN continue.