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«J'ai fait le mort» : Jean-Jacques Annaud raconte comment il a été attaqué par un ours pour le tournage d'un de ses films

L'animal de près de 800 kilos a adopté une posture menaçante face à Jean-Jacques Annaud. [Europe 1]

Près de quarante ans après la sortie de "L'Ours", Jean-Jacques Annaud a raconté sur Europe 1 l'impressionnante attaque dont il a été victime pendant le tournage du film. Un épisode dont il est sorti indemne grâce à un réflexe aussi simple qu'essentiel : faire le mort.

Il a échappé au pire. Invité de Culture Médias ce mercredi, Jean-Jacques Annaud a livré une anecdote saisissante sur le tournage de L'Ours, son film culte sorti en 1988. Le réalisateur a raconté comment l'animal vedette du long-métrage, avec lequel il entretenait pourtant une relation de confiance, l'avait violemment attaqué lors d'une séance photo.

Présent sur Europe 1 ce mardi, pour évoquer le spectacle symphonique consacré à son œuvre, qui se tiendra le 12 novembre au Palais des Congrès, le cinéaste est revenu sur les coulisses de L'Ours, qui avait attiré plus de 9 millions de spectateurs en France et lui avait valu le César du meilleur réalisateur.

Interrogé par Thomas Isle sur le temps nécessaire pour apprivoiser l'animal, Jean-Jacques Annaud a insisté sur l'importance de la relation entre un réalisateur et ses acteurs, qu'ils soient humains ou non. "Les acteurs, il faut les aimer, il faut vraiment les respecter. Et c'est peut-être le cas avec un illustre professionnel, un acteur débutant, un enfant, un bébé, un ours. S'ils ne deviennent pas vos amis, ils ne feront rien", a-t-il expliqué.

"avec l'ours, Nous étions très copains"

Au fil du tournage, une véritable complicité s'était nouée avec l'animal. "Nous étions très copains", assure le réalisateur. "Quand j'arrivais chaque matin, nous échangions nos haleines", a-t-il détaillé. Selon lui, l'ours observait attentivement les discussions avec son dresseur et semblait comprendre les situations qui lui étaient demandées devant la caméra. Mais cette relation privilégiée n'a pas empêché un incident particulièrement dangereux.

Lors d'une pause déjeuner, alors qu'il souhaite réaliser une photographie avec l'ours, Jean-Jacques Annaud entre dans l'enclos de l'animal et se place sous lui alors qu'il est dressé sur ses pattes arrière. Au moment de prendre la photo, le réalisateur se retourne avec son appareil. Un simple reflet dans l'objectif aurait alors changé la perception de l'ours. "Il voyait cet appareil tous les jours, sauf que là j'étais en dessous de lui. Il a dû prendre un reflet dans l'objectif, il a pensé que j'étais agressif", explique-t-il.

La réaction est immédiate. "Il s'est abattu devant moi", se souvient le cinéaste. Face à lui, l'animal de près de 800 kilos adopte une posture menaçante qu'il reconnaît instantanément. "Je savais que ça voulait dire : "Toi, t'es mort"", a-t-il relaté.

L'ours le frappe alors avec une force considérable. "Il m'a envoyé valdinguer sur une dizaine de mètres", raconte Jean-Jacques Annaud. Projeté sur une pente, il voit l'animal revenir vers lui tandis qu'il entend ses mâchoires claquer au-dessus de sa tête. C'est à ce moment qu'il se remémore un ouvrage consacré aux attaques d'ours. "J'avais lu que les survivants des attaques d'ours sont ceux qui font le mort", explique-t-il.

Le réalisateur décide alors de rester immobile. "J'ai fait le mort", résume-t-il. Allongé au sol, il protège instinctivement "les yeux et les intestins", les parties du corps les plus exposées selon ses lectures.

Dans ces instants de tension extrême, une autre référence lui traverse l'esprit : une réplique du personnage incarné par Sean Connery dans Le Nom de la rose (1986). "Souviens-toi que la sapience peut sauver des vies", se rappelle-t-il avoir pensé.