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«L’État régalien s’est effondré depuis des décennies», déplore Eric Ciotti

Invité de la Grande Interview Europe 1-CNEWS ce mercredi, Éric Ciotti a dénoncé un manque chronique de moyens dans la police et la justice. [Europe 1 ]

Invité de la Grande Interview Europe 1-CNEWS ce mercredi, Éric Ciotti a dénoncé un manque chronique de moyens dans la police et la justice. Le président de l’UDR appelle à "réarmer" toute la chaîne pénale et réclame un "choc sécuritaire".

Éric Ciotti tire la sonnette d’alarme sur l’état de la chaîne pénale en France. Invité de la Grande Interview Europe 1-CNEWS ce mercredi 24 juin, le président de l’UDR est revenu sur les dysfonctionnements pointés dans l'affaire du meurtre de Lyhanna, estimant qu’ils traduisaient un problème plus large de moyens dans les services d’enquête, la justice et l’administration pénitentiaire. 

"Il y a eu manifestement des fautes, en tout cas le rapport pointe ces fautes. Ces fautes, elles doivent être sanctionnées", a d’abord affirmé Éric Ciotti. Selon lui, "personne, quelque fonction occupée que ce soit, ne peut être irresponsable dans notre pays". 

Le maire de Nice plaide ainsi pour une responsabilité individuelle des agents publics lorsqu’un dysfonctionnement grave est constaté. Mais au-delà des responsabilités personnelles, Éric Ciotti voit dans cette affaire le symptôme d’un "dysfonctionnement global". 

"On a un déficit de magistrats"

"Ça fait des années, des mois, que je lance un cri d’alarme sur le déficit d’enquêteurs dans notre pays", a-t-il insisté. Selon lui, la France souffre à la fois d’un manque de magistrats et d’un effondrement de la filière d’investigation. "On a un déficit de magistrats. Il y a quatre fois moins de procureurs en moyenne qu’en Europe, en France. Il y a deux fois moins de juges qu’en Europe", a-t-il poursuivi. 

Éric Ciotti dénonce également un manque d’enquêteurs sur le terrain, ceux qui permettent, selon lui, de faire avancer les dossiers et d’éviter leur accumulation. "S’il n’y a pas d’enquêteurs, il y a une accumulation. On l’a vu, tous les dossiers qui ont été ressortis étaient mis dans des tiroirs", a-t-il regretté. 

"Pendant le même temps, dans les commissariats, il manque des dizaines d’enquêteurs", a-t-il déploré. Pour Éric Ciotti, l’État doit donc devenir "plus léger" lorsqu’il bloque ou entrave l’initiative, mais "beaucoup plus fort" dans ses fonctions régaliennes : la police, la justice et la défense nationale. "L’État régalien s’est effondré depuis des décennies. Ça n’a pas été la priorité d'Emmanuel Macron. Ça n’a pas été la priorité de ceux qui nous gouvernent", a-t-il conclu.