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Conseil européen à Bruxelles : Emmanuel Macron contre les hubs de retour

Emmanuel Macron soutient le règlement global adopté sur les retours, mais rejette fermement le principe des centres externalisés. [© SEBASTIEN BOZON / AFP]

Le Parlement européen a adopté une réforme migratoire autorisant des centres de retour hors UE pour les demandeurs d'asile déboutés. Emmanuel Macron s'y oppose, jugeant ces "hubs" inefficaces et contraires aux valeurs européennes, contrairement à plusieurs États et à la droite européenne.

Le Parlement européen a adopté cette semaine une réforme de la politique migratoire qui ouvre la voie à la création de "hubs de retour" hors des frontières de l'Union européenne. Ces centres permettraient, contre rémunération, de transférer des demandeurs d'asile déboutés vers des pays tiers volontaires, afin d'organiser leur éloignement du territoire européen.

Une mesure soutenue par plusieurs États membres

Cette approche est notamment défendue par l'Italie, le Danemark ou encore l'Autriche, ainsi que par une partie des forces politiques de droite au Parlement. Elle s'inscrit dans une volonté affichée de renforcer l'efficacité des procédures d'éloignement des étrangers en situation irrégulière.

Emmanuel Macron s'oppose aux "hubs de retour"

En France, Emmanuel Macron soutient le règlement global adopté sur les retours, mais rejette fermement le principe des centres externalisés.

Il estime que le dispositif n'est ni efficace ni conforme aux principes fondateurs de l'Union européenne : "Je n'ai jamais vu un centre de retour dans un pays tiers fonctionner. Et c'est surtout en décalage avec les valeurs prônées par l'Europe. Ça veut dire que des gens qui ne veulent pas revenir dans leur pays d'origine ou que vous n'arrivez pas à faire revenir dans leur pays d'origine, vous allez trouver un troisième pays dans lequel vous allez les pousser. Je ne suis pas sûr que ce soit les principes fondamentaux sur lesquels notre Europe s'est construite."

Cette position est reprise par une partie de la gauche et par plusieurs ONG, opposées à ce type de dispositifs malgré le vote majoritaire des eurodéputés.

À droite, le député européen François-Xavier Bellamy critique vivement la position présidentielle. Il accuse Emmanuel Macron de freiner la lutte contre l'immigration irrégulière : "Moins de 10% des OQTF sont appliqués, mais il est quand même plus efficace de ne rien faire". Il estime que l'exécutif manque de résultats sur le sujet.