Un débat sur la Corse s'ouvre ce mardi en fin de journée à l'Assemblée nationale. Les députés vont examiner le projet de révision constitutionnelle accordant à la Corse un statut d'autonomie au sein de la République. Présenté comme une réponse aux spécificités de l'île, le texte suscite aussi des inquiétudes sur les conséquences qu'il pourrait avoir pour l'unité nationale.
Derrière les mots consensuels d'adaptation et de reconnaissance des spécificités corses, c'est une évolution majeure de notre organisation institutionnelle qui arrive ce mardi dans l'hémicycle car pour la première fois, il s'agit d'inscrire le mot "d'autonomie" dans la Constitution.
Une brèche dans le principe d'égalité devant la loi
La Corse pourrait ce mercredi disposer d'un pouvoir lui permettant de déroger à certaines lois nationales, voire d'élaborer ses propres normes dans plusieurs domaines. Pour ses défenseurs, c'est une réponse pragmatique aux réalités de l'île.
Mais pour ses opposants, c'est une brèche. Une brèche dans le principe d'égalité devant la loi, dans le principe d'une République une et indivisible. Une fois ce précédent créé, difficile d'empêcher d'autres territoires de réclamer à leur tour des compétences similaires.
Le texte suscite aussi des interrogations sur son origine politique. C'est en effet après les violences qui avaient suivi la mort du militant indépendantiste Yvan Colonna, qu'Emmanuel Macron avait accepté d'ouvrir cette discussion. Aujourd'hui, le gouvernement promet des garde-fous, mais pour les opposants à ce texte, l'exécutif prend le risque d'affaiblir un peu plus le cadre commun français.