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Affaire Lyhanna : une opposition offensive dénonce les défaillances de l’État à l’Assemblée

L’Assemblée nationale, théâtre ce mardi d’une opposition déchaînée face au gouvernement. [Hans Lucas / AFP]

À l’Assemblée nationale, l’affaire Lyhanna a dominé les débats ce mardi, provoquant de vives passes d’armes entre la majorité et l’opposition. Les défaillances de la chaîne judiciaire et la protection des mineurs ont cristallisé les tensions, malgré l’annonce de nouvelles mesures par le gouvernement.

L’Assemblée nationale, théâtre ce mardi d’une opposition déchaînée face au gouvernement. L’affaire Lyhanna a dominé les questions, et l'exécutif a dû justifier les profondes défaillances de la chaîne judiciaire chargée de protéger les enfants. La droite comme la gauche en ont profité pour s’attaquer au bilan du ministre de la Justice et du Premier ministre.

"Cette petite fille a été sacrifiée sur l’autel de la nonchalance"

C’est Marine Le Pen qui a ouvert les hostilités. "Cette petite fille a été sacrifiée sur l’autel de la nonchalance d’un État dont l’appareil judiciaire a failli. Un État englué dans le déni de l’explosion de la criminalité contre les enfants et la culture généralisée du pas de vague", a dénoncé la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale.

Une charge frontale à laquelle le Premier ministre Sébastien Lecornu a répondu avec fermeté. "Ne mentez pas au peuple français en laissant à penser que ce n’est qu’une affaire de moyens, puisque malheureusement vos propos, vous le verrez, vieilliront mal", a clamé le chef du gouvernement.

LFI accuse le gouvernement de sous-traiter ses missions

Du côté de La France insoumise, même tonalité. LFI accuse le gouvernement de sous-traiter ses missions et de minimiser les violences faites aux mineurs. Une instrumentalisation dénoncée par Gérald Darmanin. "Si vous pensez un seul instant que vous allez redonner du courage aux enquêteurs, aux magistrats, à toute la société, en faisant de la politique politicienne, je pense que vous vous trompez frontalement", a insisté le ministre de la Justice.

Face à la pression, le gouvernement a tout de même annoncé des mesures concrètes. Un projet de loi sur la protection des mineurs sera débattu le 15 juillet prochain. Et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, demande aux plus hautes autorités policières de prioriser les procédures liées aux violences sexuelles sur mineurs. Des annonces encore insuffisantes aux yeux de l’opposition.