À la suite de l'affaire Lyhanna, retrouvée morte le 4 juin, le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, reconnaît des dysfonctionnements et souligne une rupture croissante entre l'institution judiciaire et les citoyens. Invité sur Europe 1, il rappelle que la justice tire sa légitimité de la confiance du peuple, sans laquelle son autorité serait fragilisée. Il insiste ainsi sur la responsabilité collective qui fonde chaque décision rendue "au nom du peuple français".
"Je suis là pour rendre compte au nom de l'institution que je représente." Invité de l'émission Christine Kelly et Vous ce mardi 9 juin, Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice, tente d'éclaircir les zones d'ombre et reconnaît les dysfonctionnements du système judiciaire à la suite de l'affaire Lyhanna, une fillette de 11 ans retrouvée morte le 4 juin par les enquêteurs. "Il y a une rupture claire entre l'institution judiciaire et le peuple français, ce qui pose une difficulté à mon sens", admet-il au micro d'Europe 1.
"Le jour où vous n'acceptez plus de nous déléguer ce pouvoir, nous n'avons plus ce pouvoir"
Il insiste sur le caractère fondamentalement collectif de la légitimité d'un magistrat, rappelant que la justice n'existe que par la confiance que lui accorde la société. Cette délégation de pouvoir, souligne-t-il, est inscrite de manière explicite dans chaque décision rendue par les magistrats, au nom du peuple français.
"Au nom du peuple français", répète-t-il, en insistant sur la portée de cette formule qui, selon lui, n'est pas qu'un symbole institutionnel mais un rappel permanent de la responsabilité des juges. Il affirme que cette inscription oblige chaque professionnel de la justice à mesurer le sens de ses décisions, toujours rendues pour le compte des citoyens.
Le porte-parole du ministère de la Justice va plus loin en expliquant que cette légitimité repose uniquement sur l'adhésion collective. Si la confiance venait à disparaître, prévient-il, alors le fondement même de cette autorité serait fragilisé : "le jour où vous n’acceptez plus de nous déléguer ce pouvoir, nous n'avons plus ce pouvoir", résume-t-il.