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Affaire Lyhanna : «Quand on casse l'outil d'investigation, il ne faut pas s'étonner que ça n'investigue plus», pointe Charles Prats

Le secrétaire général de l'association professionnelle des magistrats, Charles Prats, dénonce dans "Christine Kelly et vous" le manque de moyens, la priorité donnée au maintien de l'ordre, et non à l'investigation, pour explique le fiasco judiciaire de l'affaire Lyhanna. 

Comment en est-on arrivé à un tel fiasco ? Comment l'affaire Lyhanna a pu voir le jour, alors que le principal suspect était déjà signalé pour des faits sur des enfants ? Alors que certaines voix accablent les magistrats dans ce dossier, Charles Prats lui pointe le manque de moyens. 

"On ne confie pas une affaire comme ça à une petite brigade de gendarmerie de Trifouille-les-Oies. On est sur des faits criminels qui concernent potentiellement quelqu'un qui est éventuellement un criminel sériel, parce qu'il y aurait peut-être plusieurs affaires. Ça, typiquement, c'est un dossier pour la PJ [police judiciaire, ndlr]. Soit section de recherche soit éventuellement brigade de recherche au niveau de la gendarmerie", affirme le secrétaire général de l'association professionnelle des magistrats. 

"Et on a un vrai sujet, c'est la réforme de la PJ qui est venue casser la police judiciaire il y a quelques années. Il y a un vrai sujet parce qu'en réalité, que ce soit police ou gendarmerie, la priorité des politiques ce n'est pas la PJ, ce n'est pas l'investigation, c'est le maintien de l'ordre. Et le problème, c'est que quand on casse l'outil d'investigation, il ne faut pas s'étonner que ça n'investigue plus."