Au lendemain de la marche blanche en mémoire de Lyhanna, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a demandé en conférence de presse "la mobilisation générale" des procureurs pour "faire la vérité sur ce qui ne s'est pas bien passé" dans cette affaire.
Gérald Darmanin a appelé lundi à "la mobilisation générale" des magistrats après les défaillances mises au jour dans l'affaire Lyhanna, en demandant "que nous puissions faire la vérité des chiffres aux Français, sur ce qui ne s'est pas bien passé dans l'affaire".
"Est-ce que l'affaire Lyhanna est une affaire de défaillance ponctuelle ? (...) Ou est-ce qu'il y a de façon plus systémique de très nombreuses affaires comme celle-ci dans les cours d'appel et dans les parquets en France ? C'est l'inspection qui le dira", a ajouté le garde des Sceaux lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion avec l'ensemble des procureurs généraux de France.
"Dire la vérité aux Français"
La réunion a duré beaucoup plus longtemps que prévu : un peu plus de deux heures à la Chancellerie. Le garde des Sceaux a demandé aux 36 procureurs généraux, réunis autour de lui, de recenser pour le 14 juillet l'intégralité des plaintes pour lesquelles une enquête a été ouverte et qui ne connaissent ni d'informations judiciaires, ni de classements et pour lesquelles l'entente du mis en cause n'a pas été faite.
"Je recevrai ensuite, peut-être avant le 14 juillet si certains sont prêts, les procureurs généraux individuellement, soit en me rendant dans leur ressort pour rencontrer leurs équipes, soit en les recevant ici à la Chancellerie, avant le 31 juillet", a annoncé le ministre. Et d'insister : "Il faut savoir se remettre en cause et dire la vérité aux Français."
Gérald Darmanin a expliqué que ses instructions étaient pourtant claires depuis son arrivée au ministère de la Justice : "J'ai pensé que cette défaillance était une défaillance qui ne tenait pas aux instructions que le ministère a données."
Enfin, le garde des Sceaux a répondu à ceux qui demandent la fin de la syndicalisation dans la magistrature. "Ça n'aurait pas changé grand-chose. Ce n'est pas mon sujet. Le mien, c'est d'éviter une nouvelle affaire Lyhanna", a assuré Gérald Darmanin.