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Disparition de Lyhanna : les errements de la justice peuvent-ils entrainer un risque de crise politique ?

[STEPHANE DE SAKUTIN / AFP]

Une semaine après la disparition inquiétante de la jeune Lyhanna dans le Gers, et le profil troublant du suspect, le gouvernement se retrouve en pleine tempête. Face aux dysfonctionnements de la justice, le garde des Sceaux et le ministre de l'Intérieur doivent s'expliquer sur les ratés, afin d'éviter un procès politique à un an de l'élection présidentielle.

L’affaire Lyhanna rattrape le gouvernement. Alors qu'un corps d'un enfant a été retrouvé dans la région, près de Fleurance, avec des vêtements similaires à ceux de la jeune fille, le Premier ministre Sébastien Lecornu organise ce vendredi une réunion d'urgence à 10H30 pour évoquer les ratés qui ont précédé le drame. 

Toute la chaîne judiciaire remise en cause

À Matignon, l’objectif est clair : éviter qu’un drame humain ne vire à la crise politique. L’affaire Lyhanna n’est déjà plus seulement un fait divers. Toute la chaîne police-justice est mise en cause.

Le principal suspect avait déjà été signalé. Des plaintes existaient. Des soupçons de violences sexuelles sur mineurs aussi. Pourtant, rien ne semble avoir été fait pour empêcher le drame. Le dossier remonte jusqu’au Premier ministre, qui organise donc une réunion d’urgence. Inspection demandée, rapport promis... et Gérald Darmanin obligé d’admettre un dysfonctionnement majeur

Des aveux risqués

"Je prendrai des sanctions. Nous sommes tous terrifiés par ce dysfonctionnement, qui je crois est révélateur, je l'ai dit devant la commission d'enquête parlementaire, de notre mauvaise organisation et sans doute au ministère de la Justice comme ailleurs, du fait que nous ne prenons pas au sérieux la parole de l'enfant", reconnaît devant les journalistes le garde des Sceaux. 

Un aveu rare et politiquement risqué, alors que du RN à la gauche, les oppositions dénoncent un État défaillant. Mauvais timing pour l’exécutif, déjà fragilisé après les violences en marge du sacre du PSG. À moins d’un an de la présidentielle, le risque est clair : que l’indignation vire au procès politique du bilan sécuritaire et judiciaire du gouvernement.