Menaces, insultes, agressions physiques ou encore dégradations de permanences... Les mois précédents les élections municipales de mars 2026, les violences visant élus et candidats ont atteint un niveau sans précédent : +117% par rapport à la même période six ans plus tôt, selon les informations d'Europe 1.
Un phénomène qui ne cesse de croître. Peu avant les élections municipales de 2026, la violence envers les personnalités politiques a explosé. Agressions, menaces, insultes ou encore dégradations de permanences... Jamais une campagne pré-électorale n'avait atteint un tel niveau de tension et mis les candidats ou élus sortants sous pression.
Hausse des atteintes de 117% en six ans
Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 1.347 actes visant des maires sortants ou des candidats ont été recensés entre le 1er septembre 2025 et le 1er mars 2026. Sur la même période, lors des élections municipales de 2020, 619 faits avaient été enregistrés, soit une hausse de 117%.
Les atteintes ont donc plus que doublé d'une élection municipale à l'autre. Une dynamique particulièrement marquée à l'approche du premier tour. Rien qu'au mois de février, plus de 300 faits ont été signalés aux autorités.
Ces dernières évoquent de "fortes tensions locales", nourries notamment par une polarisation entre groupuscules d'extrême gauche et d'extrême droite. Le décès de Quentin Deranque, lynché par des antifascistes, aurait également contribué à accentuer les tensions et les actes de représailles, notamment contre plusieurs permanences politiques.
Les personnalités de droite davantage ciblées
Dans le détail, les outrages et insultes constituent la majorité des atteintes recensées. Viennent ensuite les dégradations de permanences électorales, puis les menaces et enfin les agressions physiques. Les maires sortants apparaissent comme les principales cibles.
Ils concentrent à eux seuls plus d'un tiers des faits signalés. Les adjoints, conseillers municipaux, candidats sans mandat et parfois même des députés figurent également parmi les victimes. Tous les partis politiques ne sont toutefois pas touchés de manière équivalente.
Selon les autorités, plus de la moitié des atteintes comptabilisées concernent des élus ou candidats issus de formations de droite. Les élus et candidats affiliés au Rassemblement national sont les plus ciblés. D'après les chiffres du renseignement territorial, ils ont été quatre fois plus concernés par ces atteintes que les représentants de La France insoumise.
"Brutalisation" du débat démocratique
Ce fut notamment le cas à Bayonne, où Pascal Lesellier, candidat affilié RN, a été pris à partie par un groupe d'antifascistes alors qu'il distribuait des tracts sur un marché pendant la campagne électorale.
"Ils nous ont pris des tracts, ils les ont jetés par terre. Ils nous ont après suivis sous le marché des Halles. Moi-même, j'ai été bousculé. Ils nous ont traités de fascistes, donc on n'a pas pu rester sur les lieux. On a quitté le marché des Halles", se remémore-t-il.
Autre exemple en janvier dernier, Pierre François, conseiller régional RN dans le Grand Est et candidat à la mairie d'Épinal, a lui aussi fait l'objet de menaces attribuées à des militants antifascistes.
Face à cette montée des violences, les services du renseignement alertent sur "une banalisation de la violence et une radicalisation du discours", jugées particulièrement inquiétantes à l'approche des prochaines échéances électorales. Les autorités estiment que "la campagne de 2026 a accentué ce phénomène, mettant en exergue une brutalisation de la vie démocratique dans un contexte d'instabilité politique nationale persistante".