Victorieuse en 2018, finaliste en 2022, l’équipe de France tentera aux Etats-Unis d’atteindre une troisième finale de Coupe du monde consécutive. Mais avant de pouvoir l'envisager, les Bleus ont déjà une phase de poules difficile à négocier.
Sénégal, Irak, Norvège. Contrairement aux dernières éditions, l’équipe de France a hérité d’une des poules les plus complexes de la Coupe du monde, qui a démarré jeudi dernier. Si (au moins) deux de ces trois adversaires forceront les Bleus à élever d'entrée leur niveau de jeu, la possibilité de se qualifier en terminant 1er, 2e ou même 3e, une première au XXIe siècle avec l'instauration du format à 48 équipes, rend la perspective d'un faux pas moins angoissante qu'auparavant.
Le Sénégal, douloureux souvenir de 2002
Premier adversaire de la bande de Didier Deschamps (le 16 juin à 21 heures), le Sénégal a vécu des dernières semaines contrastées. Champions d’Afrique sur le terrain, avant de perdre leur titre, ré-attribué par les instances au Maroc (leur adversaire en finale), les Lions de la Teranga n’avaient pas perdu le moindre match en 2026, avant de s'incliner face aux Etats-Unis il y a deux semaines (3-2).
Réputée solide derrière, l’équipe de Pape Thiaw n'a de plus pu profiter de son capitaine, Kalidou Koulibaly, que huit minutes lors de sa préparation pour le Mondial. De retour de blessure, le défenseur de 34 ans n'est entré en jeu qu'en fin de match contre l'Arabie saoudite, mercredi. Une rencontre qui n'a pas rassuré les observateurs, les Sénégalais ayant fait preuve d'un grand manque d'efficacité (0-0).
Reste qu'ils disposent d’individualités très expérimentées, bien connues des amateurs de football européen (Niakhaté, Gueye ou Mané), en plus d'avoir déjà causé, historiquement, du tort à la France en Coupe du monde. Il y a 24 ans, ces derniers s’étaient imposés 1-0, se qualifiant pour la suite de la compétition au contraire des Bleus, pourtant champions du monde et d’Europe en titre.
L’Irak, invité surprise
Six jours plus tard, les Tricolores feront face à l’Irak à Philadelphie. Une nation qui participera au Mondial pour la deuxième fois de son histoire après 1986. Les Irakiens, malgré le lourd contexte de la guerre au Moyen-Orient, qui avait impacté leur déplacement jusqu’au Mexique (où ils ont disputé leur barrage de qualification), ont décroché le 48e et dernier sésame pour les Etats-Unis.
57e au classement FIFA, ils sont emmenés par leur attaquant Ali Al-Hamadi, évoluant en troisième division anglaise, à Luton Town. Un grand gabarit (1 mètre 89) qui fait office de point d’appui, notamment pour réceptionner les longs ballons ; une option souvent privilégiée à la relance.
Équipe rugueuse, l’Irak est entraînée par Graham Arnold, ancien entraîneur de l’Australie, qui avait déjà affronté les Bleus lors de la précédente Coupe du monde. Aymen Hussein, second buteur lors du match salvateur face à la Bolivie (2-1), et Merchas Doski, latéral gauche ayant joué la Ligue Europa avec le Viktoria Plzen (Tchéquie) cette saison, font aussi partie des joueurs à surveiller. Ce dernier a d'ailleurs marqué lors du match nul face à l'Espagne (1-1), il y a une dizaine de jours.
La Norvège, match piège par excellence
S’ils ne participent au rendez-vous planétaire que pour la quatrième fois, la première depuis 1998, les Norvégiens ne seront pas à prendre à la légère. D’abord parce qu’Erling Haaland ou Martin Odegaard, accompagnés par exemple de trois joueurs évoluant à Bodö/Glimt (Björkan, Berg et Hauge), huitième de finaliste de la Ligue des champions, donnent à cette formation une sacrée tête d’outsider.
Mais aussi car au-delà de ces noms, les hommes de Stale Solbakken ont prouvé leur force collective, à travers une campagne de qualifications impressionnante. 24 points sur 24 possibles, 37 buts inscrits en huit matches, et deux larges succès face à l’Italie (3-0, 4-1) : de quoi en faire le meilleur bilan de la zone Europe, avec l'Angleterre.
Avec de nombreux joueurs de grande taille dans leur effectif, les Norvégiens sont toujours redoutables dans la surface. Et ce n'est pas la Suède qui dira le contraire, battue en match de préparation (3-1) avec deux buts marqués... de la tête par Strand Larsen, sur des offrandes de Ryerson. Leur deuxième rencontre, face au Maroc (1-1), a cependant mis en lumière certaines limites, comme leur vulnérabilité lorsqu'ils sont contraints de défendre les grands espaces. Ce dont raffole l'équipe de France...