Selon les informations d’Europe 1, le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, a ordonné la fermeture immédiate de l’association sportive "Les Héros", implantée à Villeneuve-la-Garenne. Officiellement, plusieurs irrégularités administratives sont invoquées. Mais en coulisses, la préfecture soupçonne des pratiques communautaires relevant d’un séparatisme islamiste.
C’est une nouvelle affaire sensible dans les Hauts-de-Seine. Selon les informations d’Europe 1, le préfet Alexandre Brugère a pris un arrêté de fermeture visant l’association sportive "Les Héros", basée à Villeneuve-la-Garenne. Depuis plusieurs semaines, les services de l’État surveillaient cette structure soupçonnée de dérives communautaires.
Des manquements à la loi, motifs officiels
Dans un courrier adressé aux membres de l’association, qu’Europe 1 a pu consulter, le préfet évoque plusieurs motifs administratifs pour justifier cette fermeture immédiate. Parmi les éléments avancés par la préfecture figure d’abord l’interdiction, pour l’un des responsables de l’association, de faire partie de l’équipe dirigeante. Cet homme aurait fait l’objet de plusieurs condamnations de droit commun lui interdisant légalement d’encadrer ou d’administrer une activité associative de cette nature. Selon les autorités, il serait pourtant le seul encadrant officiellement déclaré par l’organisme.
Autre manquement retenu : l’absence d’attestation d’assurance affichée dans les locaux de l’association. Mais derrière ces raisons officielles, les autorités soupçonnent en réalité un fonctionnement marqué par un séparatisme islamiste.
Des soupçons de pratiques communautaires
Mais derrière ces motifs de fermeture officiels, les autorités voient en réalité derrière cette affaire un dossier bien plus sensible. Les services de l’État soupçonnent l’existence de pratiques communautaires fondées sur une logique de séparatisme islamiste. La préfecture des Hauts-de-Seine suspecte l’organisation de séances de fitness réservées à des femmes portant le voile islamique. Trois après-midis par semaine, l’association aurait privatisé une salle de musculation du complexe sportif municipal pour des cours exclusivement féminins, excluant de fait, le temps de la séance, les autres usagers de cette infrastructures publiques.
Même constat du côté de la piscine municipale de Villeneuve-la-Garenne. Plusieurs soirées auraient été réservées à des groupes de femmes, là encore dans une logique de non-mixité. Par ailleurs, aucun arrêté municipal officiel pour ces réservations d’infrastructures publiques n’a été publié et porté à la connaissance de la préfecture.
Un précédent à Colombes
Cette fermeture n’est pas sans rappeler celle de l’Institut de langues Lissen, à Colombes, il y a un an. Officiellement, le préfet avait alors invoqué des problèmes de sécurité : extincteurs non conformes, issues de secours défaillantes.
Mais les autorités soupçonnaient en réalité l’existence d’une école coranique dissimulée derrière cet institut linguistique. Des cours où garçons et filles étaient séparés, ainsi que la présence d’ouvrages représentant les femmes et les enfants sans visage, avaient notamment alerté les services de l’État sur un possible fondamentalisme religieux.
Poursuite de la lutte contre le séparatisme
Avec cette nouvelle fermeture, le préfet Alexandre Brugère poursuit sa stratégie de lutte contre le séparatisme islamiste dans les Hauts-de-Seine. En octobre dernier déjà, il avait obtenu la fermeture de l’institut Alfoulk, soupçonné de communautarisme et de rigorisme religieux. Quelques jours plus tard, après la découverte de prêches radicaux attribués à Serge Althaparro, président de l’association, le préfet avait saisi le procureur de la République via un article 40.
Selon les autorités, ces sermons faisaient notamment l’apologie de la polygamie, du mariage forcé et comportaient des insultes envers les élus de la République. Le 28 octobre 2025, l’association Alfoulk avait finalement annoncé sa fermeture définitive.