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«C'est catastrophique» : le calvaire des propriétaires de maisons fissurées par la sécheresse dans la Sarthe

Sécheresse : le calvaire des propriétaires aux maisons fissurées par la chaleur dans la Sarthe [Eric Beracassat / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

13 départements dans l'ouest placés en vigilance orange canicule. Depuis plusieurs jours, les températures dépassent les 30 degrés. Une situation qui devrait durer encore plusieurs jours. Des conditions météo qui favorisent l'apparition de fissures sur les maisons dans certaines régions. 12 millions de logements sont concernés, comme dans la Sarthe, à Saint-Denis-des-Coudrais. 

Sous un soleil de plomb, dans ce village situé à quelques kilomètres du Mans, les stigmates de la sécheresse sont visibles partout. Une dizaine de maisons sont aujourd’hui fissurées à cause du phénomène de retrait-gonflement des argiles. Parmi elles, celle de Solveig, dont les murs se dégradent année après année.

"Il est possible qu’à un moment, ma cheminée se désolidarise du mur"

"La fissure est catastrophique parce qu’en fait ce morceau de mur se désolidarise", explique la propriétaire à Europe 1 en montrant l’une des nombreuses lézardes qui traversent sa maison.

Pour surveiller l’évolution des dégâts, Solveig a installé il y a six ans des témoins de fissures : de petits rectangles gradués fixés de part et d’autre des murs endommagés. Leur écartement permet de mesurer l’ampleur des mouvements de la structure.

À l’intérieur comme à l’extérieur, les traces de la sécheresse inquiètent : "Juste au-dessus de la fenêtre, on a une superbe fissure qui épouse l’angle et qui vient mourir ici au niveau de la cheminée. Donc il est possible qu’à un moment, ma cheminée se désolidarise du mur et que j’ai un problème", redoute-t-elle.

"Ça vous demande de l’énergie, de l’acharnement et de l’argent"

À l’autre bout du village, Dominique partage les mêmes inquiétudes. Devant sa maison, une pancarte prévient les passants : “Attention, mur fragilisé”. Avec l’association Urgence Maisons Fissurées, elle tente d’alerter les pouvoirs publics sur les conséquences du retrait-gonflement des sols argileux et accompagne les habitants sinistrés.

Car après la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle par les communes, un autre combat commence : celui de l’indemnisation. Les travaux nécessaires pour stabiliser les habitations coûtent souvent plusieurs centaines de milliers d’euros.

"Il faut encore que l’expert de l’assurance veuille bien reconnaître que c’est du RGA, du retrait-gonflement des argiles. Or, il peut sur simple déclaration dire que ça ne l’est pas", déplore Dominique. "Autre possibilité, par voie juridique, pour pouvoir avoir gain de cause. Ça vous demande de l’énergie, de l’acharnement et de l’argent."

Six ans après le début de leurs démarches, les deux habitantes de la Sarthe restent déterminées à faire reconnaître leurs droits et à obtenir les réparations nécessaires pour sauver leurs maisons.