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Protoxyde d'azote : six ans de prison pour un conducteur après un accident mortel

Protoxyde d'azote : six ans de prison pour un conducteur après un accident mortel [Loic Venance / AFP]

Un homme de 22 ans a été condamné mercredi à Lille à six ans de prison pour homicide routier après la mort de sa passagère dans un accident de la route en mars, alors qu'il avait consommé alcool, cannabis et protoxyde d'azote.

Le tribunal est allé au-delà des réquisitions du ministère public qui avait requis début mai cinq ans de prison à l'encontre du prévenu. Un homme de 22 ans a été condamné à six ans de prison pour homicide routier après la mort de sa passagère dans un accident de la route. 

Il avait consommé de l'alcool, du cannabis mais aussi du protoxyde d'azote. Il était également poursuivi pour violation d'un arrêté préfectoral interdisant la consommation de protoxyde d'azote dans l'espace public.

"Un message fort"

Lors de son délibéré, le tribunal a pointé du doigt "la multiplicité" des "choix dangereux" effectués par l'homme qui avait consommé "quatre à cinq joints de cannabis" ainsi que "dix à 15 ballons de protoxyde d'azote" et "un flash de vodka" au cours de la journée précédant l'accident.

Soulignant la "nécessité d'une réponse judiciaire ferme", le tribunal a assorti cette peine d'une annulation de son permis de conduire et de l'interdiction de le repasser pendant dix ans, ainsi que de l'interdiction de conduire tout véhicule qui ne serait pas équipé d'un système d'éthylotest pendant cinq ans.

La nuit du 18 mars, le prévenu avait provoqué la mort de son amie, Lyla, âgée de 20 ans, sur une route nationale en périphérie de Lille. Deux bonbonnes de protoxyde d'azote avaient été retrouvées dans le véhicule accidenté. Lors de l'audience, le prévenu, qui comparaissait détenu et en récidive, avait reconnu les faits.

Une révocation partielle de son sursis probatoire en lien avec une précédente condamnation a également été prononcée à son encontre. L'avocate de la famille de la victime, Me Hélène Vatinel, a salué à l'issue du délibéré "un message fort" dont elle espère qu'il permettra "une prise de conscience notamment chez la jeunesse".

Plus de 450 accidents routiers graves liés au protoxyde d'azote ont été recensés en 2025 par l'association 40 millions d'automobilistes, soit quarante fois plus qu'il y a six ans. "Le protoxyde d'azote a un effet désinhibant: les conducteurs vont prendre beaucoup plus de risques, vont rouler beaucoup plus vite, ne vont pas respecter les distances de sécurité, ne vont pas vouloir s'arrêter lors des contrôles", avait rappelé à l'AFP le commissaire de police Matéo Siffointe en avril.

Le "gaz hilarant" est au coeur du projet de loi "Ripost", adopté en commission des Lois du Sénat début mai et qui sera examiné dans l'hémicycle à partir de lundi. Ce texte prévoit notamment de faire de son inhalation un délit passible d'une peine allant jusqu'à un an d'emprisonnement et de 3.750 euros d'amende, et de punir jusqu'à trois ans de prison et 9.000 euros d'amende la conduite sous son emprise.