Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Une étude scientifique danoise révèle que des médicaments anti-obésité pourraient contrer l’alcoolisme

L’Ozempic aurait réduit nettement les épisodes de forte consommation d’alcool chez des patients dépendants. [JOHAN NILSSON / TT NEWS AGENCY / TT News Agency via AFP]

La piste d'une piqûre contre l’alcoolisme devient de plus en plus sérieuse. Des chercheurs danois viennent de démontrer que l’Ozempic, désormais bien connu pour traiter l’obésité, aurait réduit nettement les épisodes de forte consommation d’alcool chez des patients dépendants. 

Une piqûre contre l’alcoolisme ? C’est la piste sérieuse relancée par une nouvelle étude tout juste publiée dans la revue The Lancet. Des chercheurs danois montrent qu’un médicament déjà connu pour traiter l’obésité, le sémaglutide (molécule de l’Ozempic), aurait réduit nettement les épisodes de forte consommation d’alcool chez des patients dépendants.

Des chercheurs danois ont testé les médicaments anti-obésité sur plus de 100 personnes souffrant à la fois d’obésité et d’addiction à l’alcool. Une partie du groupe prenait de l’Ozempic une fois par semaine, l’autre un placebo.

"Ils vont réduire le besoin intérieux de prendre un produit"

Résultats : après six mois d’injection, le groupe traité a drastiquement diminué sa consommation d’alcool. Les patients sous Ozempic sont passé d’environ 17 jours de consommation excessive par mois à 5 jours seulement. Si le médicament fonctionne, c’est grâce à son action sur le cerveau, ce qu'explique Hervé Martini, secrétaire général d'Addictions France.

"On joue vraiment sur des systèmes de la récompense. Ils vont diminuer la sensation de récompense. Ils vont réduire le besoin intérieur de prendre un produit", assure Hervé Martini. "Et ça, on va avoir des personnes, en fin de compte, qui vont moins consommer d'alcool parce qu'il y a une forme d'indifférence par rapport à l'alcool. Ils ont moins envie d'en consommer", poursuit-il.

D'ailleurs, l'étude montre que la quantité totale d’alcool consommée a aussi diminué chez les patients traités. Aujourd'hui, seulement deux traitements existent pour l'alcoolisme. Cette découverte donne des arguments pour prescrire de l'Ozempic plutôt qu'un autre antidiabétique chez un patient à risque de conduite addictive.