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Soins dentaires moins bien remboursés : les dentistes dénoncent un décret aux conséquences sanitaires

[© Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

À partir du 1er janvier 2027, les soins dentaires seront remboursés à hauteur de 50 % seulement par la Sécurité sociale, contre 70 % il y a quatre ans. Une mesure destinée à réduire le déficit de la Sécu, mais vivement contestée par les dentistes, qui redoutent une dégradation de la santé buccodentaire des Français.

Un décret publié au Journal officiel en plein cœur de l'été ne passe pas auprès des dentistes. À partir du 1er janvier prochain, les soins dentaires seront moins bien remboursés par la Sécurité sociale, qui ne les prendra plus en charge qu'à hauteur de 50 %. Charge aux patients de payer la différence, directement ou via leur mutuelle.

Cette mesure, prise par le gouvernement pour tenter de résorber le déficit de la Sécurité sociale, est vivement contestée par les praticiens. À Lyon, le docteur Philippe Balagna ne décolère pas. "On sacrifie les soins dentaires", dénonce-t-il.

Le remboursement, plafonné à 50 % du montant total des soins à partir du 1er janvier 2027, était encore de 70 % il y a seulement quatre ans. Une très mauvaise nouvelle pour le portefeuille des patients, selon le praticien. "Un soin qui coûterait 100 euros, au lieu d'avoir 40 euros de reste à charge, il y aurait 50 euros de reste à charge. Celui qui n'a pas de mutuelle va forcément payer davantage. Celui qui a une mutuelle verra sa cotisation augmenter dans un an ou deux, en partie à cause de ce transfert de charges", explique-t-il.

Un "très mauvais calcul" selon les dentistes

Au-delà de l'aspect financier, le docteur Balagna redoute surtout un impact sur la santé buccodentaire des Français. "Moins rembourser les soins dentaires aujourd'hui, c'est faire un très mauvais calcul pour demain. On sait très bien que des soins précoces ne sont vraiment pas très chers", rappelle-t-il.

"Si pour certains, ce basculement est rédhibitoire par rapport à leur budget, ils vont renoncer à ces soins précoces, et ça deviendra des soins contraints, obligatoires, au pied du mur, et donc forcément plus importants, du style dévitalisation, couronne ou extraction, alors qu'on aurait pu éviter ce genre de soins inutilement lourds", alerte le praticien.

Une pétition qui dépasse déjà les 12.000 signatures

Face à cette réforme, les dentistes français se mobilisent. Une pétition en ligne contre ce décret a déjà recueilli plus de 12.000 signatures.