Face à la crise énergétique, le gouvernement souhaite électrifier près de 500 bateaux d'ici trois ans. Un délai particulièrement court selon la filière, qui dénonce l'absence de cadre européen pour permettre aux navires de s'adapter.
Réduire la dépendance de la France au pétrole, c'est le mot d'ordre de l'exécutif depuis le début de la guerre en Iran. En parallèle de l'électrification des véhicules et du chauffage, le gouvernement veut aussi électrifier près de 500 bateaux de pêche d'ici 3 ans.
Pour les professionnels du secteur, l'objectif est intenable. Car au-delà du délai, Olivier Le Nezet, le président du comité national des pêches, estime que les bateaux existants ne sont pas adaptés pour devenir tout-électrique compte-tenu du poids des batteries.
Pas de cadre réglementaire existant pour le moment
"Vous allez mettre un poids supplémentaire dans le navire qui va mettre le navire en danger lors de la navigation ou lorsqu’il y aura du mauvais temps. Le poids du navire fait que sa capacité de navigation n’est plus la même", prévient-il au micro d'Europe 1.
Pourtant, plusieurs solutions peuvent être privilégiées, parmi lesquelles, l'hybridation, où l'alliance d'un moteur thermique aidé par un petit moteur électrique, lui même alimenté par des batteries. " En Bretagne, nous avons quelques projets, nous sommes dans l’incapacité de les mettre en œuvre puisqu’il n’existe pas d’encadrement réglementaire juridique qui permet de le faire", dénonce Olivier Le Nezet.
À l'Europe de statuer
"On est dans un statuquo, dans une non-réponse ou d’incapacité de le faire alors que dans d’autres activités maritimes, c’est possible", poursuit-il, appelant l'Europe a rapidement statuer sur le sujet.
De son côté, le ministère de la Mer et de la Pêche tente de convaincre au niveau européen de modifier la réglementation et permettre de construire des bateaux plus grands pour faire de la place aux batteries électriques.