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1er-Mai : les artisans entre flou juridique et crainte des contrôles

L'an dernier, plusieurs artisans avaient été verbalisés après des contrôles de l'inspection du travail lors du 1er mai. [© Thibaud MORITZ / AFP]

En l'absence d’une nouvelle loi, le gouvernement autorise les artisans à travailler ce 1er mai et à faire travailler leurs salariés s'ils le souhaitent. En attendant un cadre légal définitif, l'exécutif demande simplement à l'administration de faire preuve de souplesse. Une décision qui laisse de nombreux professionnels perplexes.

Des contrôles toujours possibles. Malgré les annonces gouvernementales, les inspections du travail peuvent toujours intervenir en cette journée du 1er-Mai envers les artisans. Les inspecteurs restent indépendants et appliquent la réglementation actuellement en vigueur.

"Les inspecteurs du travail sont indépendants, ils ne répondent à aucune consigne du gouvernement. Ils appliquent la réglementation telle qu'elle existe aujourd’hui", a rappelé le ministre du Travail cette semaine.

Concrètement, les directions du travail conservent la possibilité d'effectuer des contrôles, ce qui alimente l'inquiétude des artisans ayant choisi d'ouvrir leurs établissements ce jeudi.

Les boulangers dans l'attente

Parmi les professions concernées, les boulangers restent prudents face à une situation jugée confuse. Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française, souligne le manque de lisibilité.

"Il y a quand même une inquiétude puisque les informations changent régulièrement. Je ne dirais pas toutes les heures, mais presque." Selon lui, certains professionnels pourraient finalement renoncer à ouvrir par crainte de sanctions. "Certains vont ouvrir et d'autres fermer de peur de ne pas être embêtés."

La crainte des amendes

L'an dernier, plusieurs artisans avaient été verbalisés après des contrôles de l'inspection du travail lors du 1er mai. Une situation que la profession ne souhaite pas revivre.

"Nous serions très déçus si nous avions des procès-verbaux. On appelle à la clémence et on espère que cela va bien se passer", ajoute Dominique Anract.

De leur côté, les organisations syndicales entendent défendre le caractère férié et chômé du 1er mai. Pas moins de 320 manifestations sont prévues partout en France ce jeudi, avec jusqu’à 170.000 participants attendus.